
Joseph est élu par Dieu, il deviendra l’époux virginal de Marie, Mère de Dieu.
La virginité de Marie n’exprime rien contre la sexualité, contre l’amour humain. Le sens est tout autre. Il s’agit d’accueillir le miracle de l’Incarnation, et une vie plus de vivante que la nôtre, une matérialité transfigurée. Dans ce contexte, Joseph est un vrai époux et un vrai père.
Jean Paul II relève non sans raison qu’il « faut supposer, au contraire, que Joseph n’était pas un homme âgé, mais que sa perfection intérieure, fruit de la grâce, l’a porté à vivre affectueusement et virginalement la relation sponsale avec Marie. » (Allocution du 21 août 1996).
L’union entre Marie et Joseph est vivifiée par l’Esprit Saint
Jean Paul II confirme que « La profondeur de cette intimité, l’intensité spirituelle de l’union et du contact entre personnes - de l’homme et de la femme - proviennent en définitive de l’Esprit, qui vivifie (cf. Jn 6, 63) » (Redemptoris Custos 19).
En faisant vraiment sienne la pensée de saint Augustin et de saint Thomas, il ajoute : « Dans la liturgie, Marie est célébrée comme "unie à Joseph, homme juste, par les liens d’un amour sponsal et virginal". Il s’agit en effet de deux amours qui représentent ensemble le mystère de l’Église, vierge et épouse, dont le mariage de Marie et de Joseph est le symbole. » (RC 20).
Dieu a voulu que Joseph fût un époux « digne » de Marie...
Que dit saint Joseph aux pères d’aujourd’hui ?
Il ne laisse pas étouffer sa vie intérieure
Par sa conduite, saint Joseph rappelle aux pères d’aujourd’hui que la règle suprême à suivre pour tous doit être la volonté de Dieu. Dieu a une volonté sur la vie de chacun. Il est fondamental de savoir l’écouter.
Saint Joseph n’était pas un moine, c’était un laïc ; saint Joseph n’était pas un intellectuel, c’était un artisan. Eh bien, tout en étant immergé dans les problèmes matériels, il ne laissait pas étouffer sa vie intérieure et il savait se tenir en contact avec Dieu.
Il sait recevoir les qualités de son épouse et de son fils
Saint Joseph était le chef de la sainte Famille et cependant, devant son épouse qui était la Mère de Dieu, et devant son fils Jésus qui était le fils de Dieu, Joseph n’était certainement pas le plus grand. Il est difficile de réunir dans la même personne la responsabilité et la reconnaissance de la dignité des autres parce que celui qui est à la tête est porté à se considérer comme le plus grand en tout. Il y a des femmes et des fils qui sont certainement meilleurs et plus doués que des pères. Le père, sans renoncer à sa propre responsabilité, doit savoir reconnaître, respecter et recevoir de telles qualités. […]
Il est disponible
Aimer veut surtout dire concourir à réaliser dans les autres le projet que Dieu a sur eux. Ceci comporte le don de soi ou le sacrifice. Les parents accomplissent beaucoup de sacrifices, mais trop souvent seulement pour réaliser dans leurs fils leurs propres projets et non pas ceux de Dieu. Au contraire, saint Joseph s’est tout de suite mis à la totale disposition du Messie conçu dans sa maison ; il n’a pas hésité, comme époux, à sacrifier ses légitimes aspirations humaines pour permettre à Marie, l’élue entre toutes les femmes, d’être la mère de Dieu et de réaliser en elle ce projet divin. […]
Il ne néglige pas ses devoirs de père
Le titre de père, reconnu à saint Joseph par Marie et par Jésus montre que la paternité humaine n’est pas seulement, comme chez les animaux, l’acte simple de la génération, mais elle comprend d’autres fonctions, également importantes pour le développement de l’enfant, comme l’accueil et l’éducation. Saint Joseph a accueilli Jésus dans sa famille, en lui donnant le nom, la subsistance, l’éducation, le métier et la condition sociale, en ne négligeant rien de ses devoirs de père. […]
Il est prudent et réfléchi
Pendant la fuite en Egypte, la sainte famille est confiée à la garde de l’homme, que Dieu juge suffisante, si cet homme obéit à sa volonté et se laisse guider par Dieu.
La liturgie rappelle qu’« à saint Joseph a été confiée la garde des mystères du salut à l’aube des temps nouveaux » et elle précise qu’« il fut le serviteur fidèle et prudent à qui Dieu confia la sainte Famille pour qu’il veille comme un père sur son Fils unique ».
Joseph, l’amour d’un père
Joseph non seulement a vu Jésus, mais il a demeuré avec lui et avec affection paternelle il l’a pris dans ses bras, il l’a embrassé et il l’a nourri... Léon XIII affirme que « Joseph exerçait la tâche de père envers Jésus » et il souligne « l’amour paternel » apporté par Joseph à l’enfant Jésus (Quamquam Pluries (15 août 1889)).
Pie XII écrit que « bien que ce ne fût pas son père, il eut pour Jésus, par un don céleste spécial, tout l’amour naturel, toute la sollicitude affectueuse qu’un cœur de père puisse connaître » (19 février 1958).
Jean Paul II écrit : « Il serait inconcevable qu’à une tâche aussi élevée ne correspondent pas les qualités voulues pour bien l’accomplir. Il convient donc de reconnaître que Joseph eut à l’égard de Jésus, « par un don spécial du ciel, tout l’amour naturel, toute l’affectueuse sollicitude que peut connaître un cœur de père ». En même temps que la puissance paternelle sur Jésus, Dieu a aussi accordé à Joseph l’amour correspondant, cet amour qui a sa source dans le Père, « de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom » (Ep 3, 15). (Redemptoris Custos 8)
Joseph, une paternité éducative
Paul VI : « Jésus était le "fìlius Fabri", le fils de l’artisan (Mt 13,55) ; et l’artisan était Joseph. Jésus, le Christ a voulu recevoir sa qualification humaine et sociale de cet ouvrier... Mais il y a davantage : la mission que saint Joseph exerce dans la scène évangélique, c’est une mission qu’il s’exerce à côté, ou mieux sur Jésus : il sera cru père de Jésus (Lc 3,23) ce sera son protecteur, son défenseur. » (Paul VI, le 19 mars 1964).
Jean Paul II met en évidence que « La croissance de Jésus "en sagesse, en taille et en grâce" (Lc 2, 52) s’accomplit dans le cadre de la sainte famille, sous les yeux de Joseph qui avait la haute tâche d’« élever », c’est-à-dire de nourrir Jésus, de le vêtir et de lui apprendre la Loi et un métier, conformément aux devoirs qui reviennent au père. » (Redemptoris Custos 16)
Joseph : une vie de service
Paul VI est très expressif sur ce sujet : « Tout de suite saint Joseph mit à disposition des desseins divins sa liberté, sa légitime vocation humaine, son bonheur conjugal, en acceptant la condition la responsabilité et le poids de la famille, et en renonçant pour un amour virginal incomparable à l’amour conjugal naturel qui la constitue et l’alimente, pour offrir ainsi avec un sacrifice total toute son existence aux exigences impondérables de la venue surprenante du Messie. » (Paul VI, 19 mars 1969).
La caractéristique de saint Joseph est « d’avoir fait de sa vie un service, un sacrifice au mystère de l’incarnation et à la mission rédemptrice qui lui est jointe ; d’avoir utilisé l’autorité juridique, qui lui appartenait sur la sainte famille, pour lui faire un don total de lui-même, de sa vie, de son travail ; d’avoir transformé sa vocation humaine à l’amour en une oblation surhumaine de lui-même, de son cœur et de sa capacité, dans l’amour au service du Messie né dans sa maison. » (Paul VI, 19 mars 1966).
Jean Paul II développe, en outre, les aspects suivants (cf. Redemptoris Custos) :
- saint Joseph a pris soin tendrement de à qui il s’est donné comme époux, en respectant son appartenance exclusive à Dieu ;
- il se consacra avec un engagement joyeux à l’éducation de Jésus ;
- il approcha le travail humain du mystère de la rédemption ;
- il servit le Rédempteur exemplairement, en faisant de toute son existence une offrande totale aux exigences de la venue du Messie dans sa propre maison ;
- il servit de manière mûre et responsable ; il se montra disponible et, jusqu’à la fin, il resta fidèle à l’appel de Dieu.
Son amour d’homme est régénéré par l’Esprit Saint (Jean Paul II)
Joseph aime Marie, mais oui ! Il a pour Marie l’Amour d’un vrai époux, un amour encore plus beau, grâce à l’influence exceptionnelle de l’Esprit Saint :
« Joseph fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse » ; ce qui est engendré en elle « vient de l’Esprit-Saint » (Mt 1, 20) : ne faut-il pas conclure, devant ces expressions, que son amour d’homme est, lui aussi, régénéré par l’Esprit-Saint ?
Ne faut-il pas penser que l’amour de Dieu, qui a été répandu dans le cœur de l’homme par le Saint-Esprit (cf. Rm 5, 5), façonne de la manière la plus parfaite tout amour humain ?
Il façonne aussi - et d’une façon tout à fait singulière - l’amour sponsal des époux, et il approfondit en lui tout ce qui est humainement digne et beau, ce qui porte les signes de l’abandon exclusif de soi, de l’alliance des personnes et de la communion authentique du Mystère trinitaire.
« Joseph... prit chez lui son épouse mais il ne la connut pas jusqu’à ce qu’elle eut enfanté un fils. » (Mt 1, 24-25). Ces paroles indiquent une autre proximité sponsale. La profondeur de cette intimité, l’intensité spirituelle de l’union et du contact entre personnes -de l’homme et de la femme -proviennent en définitive de l’Esprit, qui vivifie (cf. Jn 6, 63).
Joseph, obéissant à l’Esprit, retrouva précisément en lui la source de l’amour, de son amour sponsal d’homme, et cet amour fut plus grand que ce que « l’homme juste » pouvait attendre selon la mesure de son cœur humain. »
« Par le sacrifice total de soi, Joseph exprime son amour généreux pour la Mère de Dieu, lui faisant le don sponsal de lui-même. Bien que décidé à se retirer pour ne pas faire obstacle au plan de Dieu qui était en train de se réaliser en elle. »
L’harmonie du couple originel est restaurée (Paul VI)
« En cette grande entreprise de renouvellement de toutes les choses en Christ, le mariage, lui aussi purifié et renouvelé, devient une réalité nouvelle, un sacrement de la nouvelle alliance.
Et voilà qu’au seuil du Nouveau Testament, comme à l’entrée de l’Ancien, se dresse un couple.
Mais, tandis que celui d’Adam et Ève fut la source du mal qui a inondé le monde, celui de Joseph et de Marie est le sommet d’où la sainteté se répand sur toute la terre.
Le Sauveur a commencé l’œuvre du salut par cette union virginale et sainte en laquelle se révèle sa volonté omnipotente de purifier et sanctifier la famille, ce sanctuaire de l’amour et ce berceau de la vie. »