Cours de mystique chrétienne © 24/03/05
Des « méthodes » sur le chemin
La voie mystique est essentiellement une voie de grâce. Cela n’empêche pas cependant que nous fassions des efforts qui marquent notre ferme intention d’avancer et nous permettent parfois de progresser plus rapidement.
Il ne s’agit nullement de vouloir aller à marche forcée et mais bien plutôt de « laver le prisme de notre âme » afin de mieux faire pénétrer la Lumière...
Les méthodes suivantes nous semblent intéressantes :
- la méthode d’Evagre le Pontique qui remonte au 4ème siècle ;
- l’ennéagramme ;
- la voie toltèque issue du chamanisme toltèque.
Ces méthodes ne sont pas simplement des méthodes de développement personnel pour un mieux-être ou un bien-être. Ce sont d’abord des méthodes de guérison puis d’évolution ainsi que de purification et d’ascèse afin de retrouver notre beauté première, notre santé spirituelle.
Les deux dernières méthodes ne sont pas chrétiennes à proprement parler, mais elles peuvent être entreprises en une tension vers Dieu, une envie d’entrer dans la compréhension de soi-même et dans une transformation : on pourra retrouver ainsi sa véritable nature à l’image et à la ressemblance de Dieu.
La « méthode » d’Évagre le Pontique
Les moines d’Egypte recevaient un grand nombre de visiteurs dans leur ermitage : ils ont tiré de ces accompagnements spirituels une pénétrante connaissance de la nature humaine et la conviction que les tentations profondes qui traversent le cœur de l’homme pouvaient se résumer à sept ou huit types.
Le moine Évagre est l’auteur de deux ouvrages : la Practikè où il décrit les exercices du méditant pour orienter sa psyché vers l’esprit et la Gnostikè qui traite de l’harmonie du psychisme enfin devenu capable de contemplation.
La Pratickè consiste en une lutte contre les « démons », ces obstacles qui nous divisent et qui, pour lui, sont au nombre de huit : huit symptômes à guérir et dont il faut se débarrasser…
La « méthode » d’Évagre est fructueuse : car dès que nous avons nommé et identifié dans nos vies les dysfonctionnements qui nous habitent, ils sont plus faciles à combattre.
L’ennéagramme
A la fin des années 1960, deux chercheurs sud-américains, Oscar Ichazo puis Claudio Naranjo, ont réalisé la synthèse géniale d’informations anciennes (Évagre en est un des précurseurs) et de la psychologie contemporaine et ont formulé un modèle de la personnalité humaine, nommé l’ennéagramme.
Ce modèle aboutit à neuf configurations différentes de la personnalité, neuf manières de se définir. Il indique que, dans notre vie, nous avons choisi de privilégier une de ces configurations : c’est le « pli de notre âme ».
Une des particularités de l’ennéagramme est qu’il permet de décrire de manière cohérente la personnalité dans ses niveaux de développement : de l’être humain dysfonctionnel à celui qui est accompli, en passant par l’homme ordinaire.
L’ennéagramme offre donc à chacun une occasion d’acquérir facilement une connaissance fine et précise des mécanismes de la psyché humaine, utilisable dans la vie de tous les jours.
La voie toltèque issue du chamanisme toltèque
La voie toltèque est vaste. Laissons Don Miguel Ruiz, chaman sur la voie toltèque, nous parler de l’entrée sur la voie toltèque :
« Les Toltèques enseignent une vérité surprenante : nous ne rêvons pas seulement la nuit, lorsque le cerveau est endormi, mais aussi le jour lorsqu’il est éveillé.
Tant que l’on est pas réveillé, on croit que l’on est emprisonné dans son rôle sur la scène de la vie. On n’a pas d’autre choix que de vivre la souffrance, la colère, la jalousie, la peur et la tristesse. On se comporte comme une marionnette, une machine à action/réaction qui répond mécaniquement aux événements. Lorsque nous nous éveillons, nous voyons clairement notre rôle et disons : « Regardez ce que je faisais ! ». Se libérer de son rôle habituel et de ses réponses stéréotypées nous coupe le souffle. Désormais nous ne pouvons plus reprocher nos souffrances à qui que soit.
Lorsqu’on est endormi et sous l’emprise du rêve, on n’a pas de libre arbitre. On n’est libre que lorsqu’on peut finalement faire un choix. Lorsque ceci se produit, on ne choisit plus un mélodrame douloureux, ni de vivre la colère, la jalousie ou la tristesse, ni aucune autre émotion négative. On préfère choisir d’aimer et d’être aimé. On vit le coeur ouvert, sans conflit, toujours prêt à pardonner, ne jugeant jamais et ne cherchant pas à contrôler qui que ce soit. On n’a plus peur d’être rejeté, et on arrête de chercher sans cesse à être accepté par tout le monde.
Si nous ne choisissons pas l’amour, le bonheur, la paix et l’harmonie, c’est simplement parce que notre volonté n’est pas libre et que nous sommes enchaînés par les habitudes qui nous programment à vivre en enfer. En fait, la mise en pratique dans sa vie quotidienne des « Quatre Accords Toltèques » (qui est une sorte de yoga toltèque), une discipline comme la méditation qui aide à stopper le mental et son dialogue interne. Dans son état non contrôlé, notre pensée est pareille à un cheval sauvage qui nous entraîne où il veut. La pratique des Quatre Accords Toltèques discipline le mental, nous en donne le contrôle afin de créer un rêve plus épanouissant et elle nous immunise contre les conditions négatives de la vie quotidienne. En pratiquant de façon continue, jusqu’à ce que notre volonté soit plus forte, nous pouvons accomplir des miracles et changer nos souffrances en bonheur. Lorsque nous prenons conscience que nous créons tout le drame de notre vie à cause des croyances qui se manifestent sous forme d’expériences, nous sommes libres de changer de rêve. Chaque fois que nous brisons un vieil accord qui nous fait souffrir et que nous le remplaçons par un nouvel accord qui nous rend heureux, nous gagnons davantage de puissance. Plus nous devenons forts, plus nous pouvons briser d’autres accords, jusqu’à ce que notre pouvoir soit tel que nous puissions recouvrer notre volonté et nous libérer totalement du rêve de la planète.
Par une pratique patiente, étape par étape, on peut se libérer de sa dépendance à la colère, à la jalousie, à l’auto-apitoiement. On peut se débarrasser définitivement de croyances limitatrices telles que « je ne suis pas aussi bon que les autres », ou « je ne réussirai jamais ». Lorsqu’on met ces Quatre Accords Toltèques en pratique avec conscience et persévérance, on devient un maître du rêve qui renonce à sa dépendance à la souffrance et qui transforme sa vie en un nouveau rêve, celui du paradis sur terre ».
(propos recueillis par Olivier Clerc)