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Eléments de la vraie Gnose

jeudi 12 novembre 2009, par cmchr

Sens et définition de la vraie Gnose = « Connaissance »

  • elle est science parce qu’elle prend appui sur la Vérité ;
  • elle est lumière parce qu’elle épouse la vision même de Dieu ;
  • elle est sagesse parce qu’elle unit indissociablement dans l’Esprit l’agir et le savoir ;
  • elle est vie parce qu’elle inaugure ce qui donne à l’existence humaine sa consistance et son achèvement.

Le Nouveau Testament

Que le Christianisme comme la religion juive dont il est sorti, soit une Connaissance, on ne saurait en douter. Il est révélation d’un secret, secret qui est le dessein divin du Salut des hommes, et ultimement une personne, Jésus Christ qui révèle son Père. La connaissance du mystère de Dieu est liée à la connaissance de la mission de son fils et de son dessein de salut. Cette connaissance est liée à l’amour qui caractérise les rapports entre Jésus et son Père, comme Jésus avec les siens.

Saint Paul sait bien lui aussi, qu’il s’agit pour le chrétien de connaître Dieu et de le connaître par la révélation de Jésus Christ « Le Dieu qui a dit : Que du sein des ténèbres brille la lumière, est celui qui a brillé dans nos coeurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu qui est sur la face du Christ. ».

Le 1er et le 2ème siècles

Les Pères Apostoliques nous fournissent quelques éléments qui permettraient de préciser ce qu’est la vraie Gnose Chrétienne :

  • « Les prières eucharistiques » de la Didaché rendent grâces pour la « vie, la connaissance et la foi que Dieu nous a fait connaître par Jésus Christ. » (9,3 ; 10,2) ;
  • Clément de Rome : sait que les chrétiens ont « plongé leurs regards dans les profondeurs de la gnose divine » (Lettre 40, 1) mais que c’est par Jésus Christ qu’ils peuvent « goûter à la gnose immortelle » (36,2) ;
  • Ignace d’Antioche : la gnose de Dieu c’est Jésus Christ. Et la connaissance de Dieu en Jésus Christ procure l’immortalité ;
  • L’Epître de Barnabé : parle à plusieurs reprises de la connaissance (gnose) : Il s’agit soit de la connaissance de la voie de la Justice », de la « connaissance parfaite (1,5) qui se développe avec la foi et les autres vertus chrétiennes, connaissance des commandements, et tout particulièrement la connaissance de l’écriture. Bref, la gnose est connaissance des « mystères » du Christ révélés dans l’Ecriture ;
  • Chez St. Justin : connaître les enseignements du Christ. Elle est un don de Dieu et une grâce, elle est liée au baptême (« bain de la pénitence et de la connaissance de Dieu »). On comprend le sens de ce qu’on dit les prophètes.
  • St. Irénée : « La vraie Gnose c’est la doctrine des Apôtres ». Il nous faut scruter ce qui a été dit en paraboles pour l’assimiler aux vérités qui sont le fondement de la foi, et y admirer la profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu ».

Les Alexandrins

  • Clément d’Alexandrie : le point de départ de la gnose est la Foi fondée sur l’enseignement du Seigneur et des apôtres, reçu dans l’Ecriture (Str. VII, 16-95). Mais si la gnose s’appuie sur la foi, c’est pour la dépasser. Il y a unité interne et homogène entre la foi et la gnose. Elles ont la même source, la révélation par le logos, et même objet, les mystères de Dieu.

Deux voies s’ouvrent à qui veut passer de la foi à la connaissance (à la gnose). C’est d’abord la recherche intellectuelle et tout particulièrement l’interprétation spirituelle de l’Ecriture, « l’explication gnostique des Ecritures avec le progrès de la foi » (Str. VII, 15, 131).

« La connaissance du Nom et l’intelligence de l’Evangile signifient la gnose. La gnose est « démonstration de la foi ». Si nous prenons ce terme dans son sens moderne et technique, elle est théologie. Mais il est une autre voie par où le croyant peut accéder à la gnose :

  • c’est celle de l’effort moral et de l’exercice des vertus (Str. II, 6, 31). L’obéissance aux commandements, la purification des passions et des vices sont indispensables pour que l’homme puisse se rendre « capable de Dieu » dresser en lui « l’image de Dieu » et recevoir « la gnose de Dieu ».

Selon Clément le parfait gnostique, le contemplatif, c’est la charité qui permet cette connaissance qui est union dans l’amour : « La gnose, aboutissant à la charité, réunit dès ici-bas, comme un ami à un ami celui qui connaît à celui qui est connu » (VII, 10, 57). En retour, cette connaissance, transformée par la charité, s’épanouit en un amour plus grand.

La gnose « démonstration scientifique des vérités transmises par la vraie philosophie : (philosophie grecque don de Dieu aux grecs et image lumineuse de la vérité) est ce qu’on appellerait « théologie » Elle est d’autre part ce qu’on appellerait contemplation (mystique)

  • Origène, comme Clément, distingue nettement la gnose et la foi : « C’est autre chose de connaître Dieu que de croire simplement en Lui ». La gnose est le fruit de la pureté du cour et de la pratique assidue des vertus : « les mystères de la sagesse » ne sont ouverts qu’à celui qui vit « selon la vertu ». Ce qui est peut-être plus caractéristique chez le grand exégète qu’est Origène, c’est qu’il assimile cette foi élémentaire, acceptation simple du credo baptismal, à la connaissance du sens littéral de l’Ecriture ; la gnose au contraire est connaissance des sens cachés et spirituels (contre Celse III, 33)

Toute la prédication d’Origène n’a-t-elle pas pour but d’exciter ses auditeurs à s’élever à une vie spirituelle plus haute par une pratique assidue des vertus et en même temps à dépasser le sens littéral et historique de l’Ecriture pour rechercher le sens spirituel et mystique.

Deux choses caractérisent la gnose origénienne. Elle est un don de l’Esprit. D’autre part Origène marque très fortement le caractère affectif de cette connaissance et la part qu’y tient l’amour : « La connaissance de Dieu est un amour spirituel ». (In Proverbia 6, PG 17). Cette connaissance est union et communion. L’homme ne connaîtrait pas Dieu s’il n’était d’abord connu de Dieu.

La gnose devient ce qu’on appellera beaucoup plus tard une mystique, expérience amoureuse de Dieu présent en l’âme et se donnant à elle.

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