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La Doctrine Sociale de l’Eglise

dimanche 27 mai 2012, par cmchr

« L’église sait qu’aucune réalisation temporelle ne s’identifie avec le Royaume de Dieu, mais que toutes les réalisations ne font que refléter, et en un sens anticiper, la gloire du Royaume que nous attendons à la fin de l’histoire, lorsque le Seigneur reviendra. Mais cette attente ne pourra jamais justifier que l’on se désintéresse des hommes dans leur situation personnelle concrète et dans leur vie sociale, nationale et internationale, parce que celle ci, - maintenant surtout - conditionne celle-là. ». (Jean-Paul II, Sollicitudo rei socialis, 1988).

Depuis le concile Vatican II, une expression revient souvent lorsque l’on évoque à la lumière de l’Evangile, l’avenir temporel possible de la société des hommes du troisième millénaire : la « civilisation de l’amour ».

Aujourd’hui, l’Eglise est riche d’une doctrine sociale à part entière, élaborée au fil des siècles et pour laquelle rien de ce qui concerne l’homme n’est étranger.

C’est toute une société qu’il faut aujourd’hui refaire, constate le pape Jean-Paul II, qui précise que la réflexion et l’action des chrétiens doit être "multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle...".

C’est-à-dire que la réflexion et l’action à mener ne peuvent pas se limiter à un seul secteur de la vie sociale. Elle ne se résume pas à la question familiale, ou à celle de l’entreprise, ou de l’école, ou de l’écologie... Elle doit atteindre tous les secteurs de la vie sociale, en mettant en œuvre un ensemble de moyens diversifiés.

A nous d’inventer librement avec les autres, le temps que nous y passons pour contribuer et aider à bâtir la civilisation de l’amour.

L’amour se trouve en face d’un vaste labeur auquel l’Église veut contribuer, notamment par sa doctrine sociale, qui concerne tout l’homme et s’adresse à tous les hommes.

La Doctrine Sociale de l’Eglise se propose comme un instrument au service du discernement moral et pastoral des événements complexes qui caractérisent notre époque ; comme un guide pour inspirer, au niveau individuel et collectif, des comportements et des choix qui permettent de regarder vers l’avenir avec confiance et espérance.

Grâce à ce document, l’Église entend fournir une contribution de vérité à la question de la place de l’homme dans la nature et dans la société, affrontée par les civilisations et les cultures dans lesquelles s’exprime la sagesse de l’humanité.

L’orientation donnée à l’existence, à la vie en société et à l’histoire dépend, en grande partie, des réponses apportées aux questions relatives à la place de l’homme dans la nature et dans la société. C’est à ces questions que le présent document entend offrir sa contribution.

Les interrogations radicales qui accompagnent dès le commencement le chemin des hommes acquièrent, à notre époque, une importance encore plus grande en raison de l’ampleur des défis, de la nouveauté des scénarios, des choix décisifs que les générations actuelles sont appelées à faire.

L’Église, signe de l’amour de Dieu pour les hommes dans l’histoire et de la vocation de l’ensemble du genre humain à l’unité dans la filiation de l’unique Père, entend encore proposer à tous les hommes, grâce à ce document sur la doctrine sociale, un humanisme à la hauteur du dessein d’amour de Dieu sur l’histoire, un humanisme intégral et solidaire.

Par son enseignement social, l’Église entend annoncer et actualiser l’Évangile au cœur du réseau complexe des relations sociales.

Le fondement essentiel de la doctrine sociale réside dans la Révélation biblique et dans la tradition de l’Église.

La doctrine sociale de l’Église bénéficie de tous les apports de la connaissance, de quelque savoir qu’ils proviennent, et possède une importante dimension interdisciplinaire.

Un apport significatif à la doctrine sociale de l’Église provient aussi des sciences humaines et sociales : aucun savoir n’est exclu, en raison de la part de vérité dont il est porteur.

La doctrine sociale comporte également un devoir de dénonciation, en présence du péché.

En outre, certains péchés constituent, par leur objet même, une agression directe contre le prochain. Ces péchés, en particulier, se définissent comme des péchés sociaux.

Les conséquences du péché alimentent les structures du péché. Celles-ci s’enracinent dans le péché personnel et, partant, sont toujours liées à des actes concrets des personnes qui les engendrent, les consolident et les rendent difficiles à éliminer.