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La Nudité de Dieu et de l’être humain

lundi 24 mai 2010, par cmchr

Un texte dans la Bible parle de la nudité de Noé (non respectée par les yeux de Cham). Ce récit concerne la nature du regard. Ce texte nous parle donc de la légitimité de l’usage du regard et du risque de condamnation qu’encourt la vision. Ce qui pose la question de savoir en quoi regarder le monde ou Dieu a à voir avec le fondement de l’idolâtrie. Ce que l’on retiendra ici ce n’est pas la figure de Noé, mais la faute de Cham.

Que cela ne nous empêche pas, cependant, à vouloir entrer dans la vision de la Nudité de Dieu ! Bien sûr, quelque part nous sommes Cham, mais avec la venue de Jésus, Cham est le sujet de la rédemption du regard.

(du cours « Mystère de Dieu et sexualité »)


Depuis la chute d’Adam, l’être humain vit très souvent, dans la honte, sa nudité. « Mon Créateur, j’ai reconnu Que j’étais nu.

Mais, mon Auteur, mon divin Maître, En vérité, J’ai honte de faire connaître Ma nudité ».

Mais, l’être humain ne peut, en vérité, que rencontrer Dieu dans sa nudité et un Dieu nu !

BAPTEME ET NUDITE

On sait que jusqu’aux abords du XIIIème siècle, le baptême était conféré par immersion, ce qui impliquait la nudité complète.

A l’époque des Pères de l’Eglise, il s’agissait d’une nudité complète. Le dépouillement des vêtements est le symbole du dépouillement du vieil homme et de son existence biologique.

DIEU CHERCHE L’ETRE HUMAIN

Il va sans dire que l’expérience spirituelle de Dieu, ou plutôt de son absence, demeure un chemin particulièrement ardu. Le livre de la Genèse l’apparente à un combat entre Jacob et un mystérieux personnage. A l’issue de ce combat, l’adversaire conclut : « On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as été fort contre Dieu et contre les hommes et tu l’as emporté. » (Gn 32, 29).

Faut-il vaincre Dieu ? En fait, Dieu concède la victoire quand celle-ci devient victoire du croyant sur lui-même. L’expérience de la quête de Dieu est dépouillement jusqu’à la nudité totale de l’être confronté à ce qui s’apparente au néant. La Lettre aux Hébreux dit de Moïse, dans sa traversée du désert : « Comme s’il voyait l’invisible, il tint ferme » (Hb 11, 27). En face de Dieu, je ne peux que dire : « Il n’est rien de ce que je vois ; il est le Tout Autre. ».

L’APPRIVOISEMENT PAR L’HOMME DE SA NUDITE

La nudité de l’être humain exprime sa dimension relationnelle, sa dimension de dépendance existentielle (comprise comme révélatrice d’une altérité qui fonde nos libertés). L’homme n’est donc pas habillé de soi-même mais référé à autrui. C’est en s’acceptant nu que l’homme dépasse sa tendance possessive et dominatrice pour être dans un rapport de liberté et de gratuité avec autrui.

Ici, je dois reconnaître que je ne dois pas rendre la société responsable de mes errances. Certes elle m’influence, mais c’est moi qui fais ce que je veux dans mon appartement et qui regarde qui je veux dans le monde ! « Amer savoir, celui qu’on tire du voyage dans la société », ce serait la morale à tirer de l’histoire. Souvent, le monde n’a rien vu de sacré dans l’abstraite nudité d’un être humain.

« La nudité est la suprême dignité du corps humain. » 
(Jean XXIII)

L’être humain pour rencontrer Dieu doit d’abord apprivoiser sa propre nudité ! Déjà, il se sait nu sous ses vêtements.

Ici, il peut accepter son corps et s’aimer totalement…

Un être humain nu, c’est beau. Qui-y-a t’il de plus beau que la nudité de l’être humain ?

Les peintres et les sculpteurs, depuis l’antiquité on aimé à reproduire les humains dans leur plus simple appareil ! On peut voir dans la représentation artistique de l’être humain nu, c’est-à-dire dans sa nature même d’être charnel, la volonté implicite de retrouver ses origines ou de trouver des réponses à une existence complexe.

Dans ce monde qui, parfois, est carré de toutes parts, qu’est-ce qu’il y a de plus joli que de regarder cet ensemble de courbes agréables qui forment le corps de l’être humain !

Le rapprochement entre la présence réelle de Dieu et la nudité d’un être humain s’impose aussitôt. La nudité des êtres humains ne doit pas être réservée aux seuls peuples primitifs.

L’être humain doit choisir ensuite délibérément cette voie d’apprivoisement, car l’amour extrême exige la nudité complète.

Quand l’être humain connaît sa nudité, elle devient pour lui la cause d’un secret plaisir.

La nudité ouvre l’être humain à une manière de voir le monde et les objets quotidiens de son environnement tels qu’ils sont, dans leur émouvante nudité, comme ils sortent des mains du Créateur.

En fait, nous voyons comme dans un miroir flou la Nudité fragile et omniprésente de Dieu, symbole coloré de notre être et notre fonctionnement.

L’être humain dans son apprivoisement de la nudité entreprend un voyage intense sur le chemin de la connaissance, de l’échange et du don…

Quand l’être humain « lave ses vêtements dans le sang de l’Agneau », il accède à (et vit dans) la nudité totale.

La nudité de l’être humain est un nouveau « costume » face à Dieu !

L’être humain nu est le symbole de la simplicité et de la vulnérabilité.

Commençons et plantons nous devant le miroir de notre chambre et répétons très fort en pointant notre doigt vers cet être nu qui nous fait face en souriant : « maintenant commence ma plus grande aventure ! ».

François d’Assise

« (...) [Son père] mit une obstination véhémente à vouloir le traduire devant l’évêque de la ville, entre les mains duquel François renoncerait à ses droits d’héritier de toute la fortune paternelle. Le serviteur du Seigneur s’y prête bien volontiers : à peine arribé en présence de l’évêque, sans attendre un moment ni hésiter en quoi que ce soit, sans attendre un ordre ni exiger une explication, il enlève tous ses vêtements et quitte jusqu’à ses chausses. Emporté par son ivresse spirituelle, il n’eut aucune honte de sa nudité complète devant toute l’assistance, pout l’amour de Celui qui pour nous fut attaché nu sur la croix. ».

L’ETRE HUMAIN TROUVE DIEU

« Aussitôt que je connus Dieu, je ne pouvais vivre que pour lui ».

« Il a connu Dieu celui qui s’est connu lui-même ».

« Celui qui a reçu Jésus Christ dans son cœur L’a ainsi vu, et Le voyant, il a vu Dieu, Son règne venir en Lui. Il est entré dans le Royaume de Dieu, le Temple de Dieu, Jésus-Christ. Il a vu le Fils, il a vu le Père, il a connu le fils, il a connu le Père, Dieu. »

LE DON DE SOI A DIEU

Puis, après la nudité, vient bien après, la véritable nudité, celle du don de soi…

Ici, les hommes proposent, Dieu dispose : certes, aucune expérience n’est requise, toutefois l’enthousiasme 
et le critère de maturité sont certainement importants.

Et puis « Un jour, lorsqu’il se réveille, au petit matin, l’être humain se surprend dans une nudité totale sans savoir comment cela lui est arrivé ! » : ici, Dieu l’a redressé et a fait glisser les dernières barrières qui le séparaient de la nudité.

Maintenant, la Nudité de Dieu et celle de l’être humain est partagée : c’est une nudité totale, une transparence entière un don de soi sans réserve, un « mariage » complet…

« Je suis nu devant toi et je n’ai pas honte. Je me sens tellement bien là dans la pureté, avec toi.
 Ce moment est privilégié, il est pour nous deux et mon corps nu est offrande pour toi.
 Je ne peux te rencontrer autrement que dans cet état de nudité complète. Je veux que ce moment d’intimité entre toi et moi soit comme une fête ».

LA NUDITE DE DIEU

La Nudité émouvante de Dieu, intouchable est d’abord visible par un regard de biais venant de nous : Nudité apophatique, imaginable, un bref instant, allusive, si fragile, si fugace…

L’homme est bouleversé par le choc de cette Nudité quand il la contemple dans la magie de cette révélation (que ce soit pour la première fois ou ensuite). Ce qui frappe, c’est cette « mort » de l’homme dans cette Nudité, regardée droit dans les yeux, sans superflu, sans commentaire.

Une Nudité de Dieu fragile

Cette Nudité de Dieu qui est fragile se donne avant même qu’elle soit revêtue et d’abord de dos, de façon moins personnelle que si le visage apparaissait. Quant au reflet de face, il se trouve encore porté par un miroir flou, sorte de vêtement… Il y a manifestement une grandeur et une beauté dans cette Nudité fragile et exposée de Dieu.

La transparence donne l’idée d’une Nudité fragile (immédiatement accessible au regard, sans protection) : cette Nudité fragile est sous sa guirlande de roses odorantes

Tout cela amène à la fois à une Nudité fragile, bouleversante et en même temps une profondeur à une Présence exprimée le plus simplement du monde.

« Tout se passe comme si, dans son acharnement à scruter la nudité fragile des visages, on tentait de retrouver l’essence même du visage ».

Dans sa Nudité, Dieu s’abandonne au regard de l’être humain. Dans sa Nudité fragile, Dieu s’abandonne à l’être humain et se révèle vulnérable.

La tendresse de Dieu

« L’humanité est condamnée à la tendresse. Ce sera la sanction noble à ses crimes : ce déposé-armes, ce lâcher-prise, cette nudité vulnérable, ce " tout est-grâce !" de l’instant présent bien compris, donc léger, joyeux, dans une activité au fil de l’ordre des choses, sans stress, ni cupidité, mais co-créative avec le Créateur, en liaison avec Sa Joie, Sa gaieté rieuse, Ses rythmes de vie... Sa Sainte Tendresse.

On pourrait dire : La tendresse, c’est Dieu. Nous l’avons bafoué(e), craint(e), nié(e), opprimé(e). Notre châtiment sera "la pire douceur", c’est à dire de (re) découvrir notre tendresse et de la faire régner, au grand jour d’un monde nouveau, dans toute sa splendeur caressante ! Ce jour-là arrivé, nous auront rétabli le contact avec la Source de toute tendresse, enfouie en nous »

La Nudité dévoilée

La Nudité dévoilée a un côté légèrement diaphane, un peu angélique, d’une réalité suggérée, d’une apparente simplicité, dans sa nudité dévoilée

La Nudité dévoilée de Dieu met le « regardeur » lui-même en danger d’être ébranlé au plus profond de soi. Cette démarche ambivalente à la frontière de l’art est une révélation, au sens primitif du terme, qui amène l’être humain à vivre une expérience spectatorielle aussi saisissante que troublante !

Dans cette vision de la Nudité de Dieu, l’être humain s’écrie : « Voilà l’homme et voilà Dieu ! ».

La Nudité absolue

Puis, dans une sorte d’extrême fragilité, la Nudité absolue de Dieu est contemplée au plus proche de l’essence des choses, des questions de la vie… La Nudité absolue appelle la caresse, un échange de caresses entre l’être humain et Dieu. Elle appelle aussi les baisers…

L’échange entre Dieu et l’être humain se déroule dans la Nudité absolue tant pour l’un que pour l’autre. Dieu et l’être humain se mettent à nu au sens propre comme au figuré… bas les masques !

La Nudité absolue ne laisse place qu’à la seule vérité qui mérite d’être dite : ce que renvoient les regards qu’échangent Dieu et l’être humain.

Dieu livrant sa Nudité absolue à l’être humain fait aussi accéder l’être humain à sa nudité ce qu’Il (il) voulait de tout temps pour mieux signifier encore le statut de l’être humain quand Il se donne !

Alors, en tant qu’être humain, j’offre aussi mon corps à Ses regards, à Sa Volonté dans le plaisir que je prends à partager mon intimité de cette façon...

La Nudité absolue de Dieu fait accéder l’être humain à la perfection humaine de l’Amour.

La Nudité découverte

L’être humain est incité à frôler la Nudité découverte de Dieu et réciproquement pour Dieu.

La Nudité offerte

La Nudité offerte de Dieu (et celle de l’être humain) devient ici un acte de gloire. Sa source ne réside pas dans la nudité offerte aux regards mais dans quelque chose dont la nudité est l’expression puissante : la Fierté !

La nudité offerte se laisse caresser et embrasser...

Comment rendre avec des mots simples ce désir de Dieu de livrer sa Nudité au regard de l’homme et de goûter profondément le don dans sa Nudité offerte ?

Ici, moi, être humain, j’accepte de me laisser regarder autant que je regarde, pupilles humbles, sans calcul, nudité offerte, plongée consentante, un peu tremblée ? Dieu sourit. Il me laisse le temps de parcourir sa Nudité offerte, mes yeux plongés dan les Siens, ses yeux plongés dans les miens.

La nudité offerte à l’autre suppose le droit de « contact » : comme c’est bon de se sentir amarré à Dieu !

Nudité totale

Pour ne lui laisser aucun doute sur Sa Nudité totale, Dieu se lève et se retourne vers l’être humain. Comme Dieu est Beau !

La Nudité totale de Dieu laisse voir une rare perfection. Mais ce qui frappe le plus, c’est le Visage de Dieu.

La Nudité totale est une exposition sans réserve, avec des sensations de semi-caresses.

L’oraison met l’âme dans « une nudité totale pour la rendre capable de l’union immédiate et consommée … En cet état, il faut laisser opérer Dieu et recevoir tous les effets de sa sainte opération par un tacite consentement dans le fond de l’âme. » Cette oraison ne peut s’appuyer que sur un absolu renoncement à tout ce qui n’est pas Dieu : « Un homme d’oraison doit être un homme mort … ».

L’être humain ne peut ainsi se complaire seulement du approche limitée du divin. Il lui faut se projeter tout entier dans une nudité totale vers l’être nu de Dieu.

« Cependant, dans sa pauvreté extrême, dans sa nudité totale, Dieu dispense une richesse qui n’a pas de prix : le bonheur que l’on découvre dans les yeux de ceux qui le fréquentent ».

La nudité totale fait de l’homme un « fol en christ ». Moins exceptionnelle que la nudité totale, la quasi-nudité permet d’exprimer les états marginaux des pauvres et des fous.

La nudité totale et le vêtement blanc sont deux symboles que l’Église a utilisé couramment lors du baptême pour manifester la vie nouvelle gagnée dans le Christ.

La Nudité totale, c’est la vision de dos et de face : plus rien n’est caché !

« Il y a des circonstances où la nudité totale n’est pas impudique. »
 (Jean-Paul II)

Alors, Dieu dans sa Nudité s’approche de l’être humain (à moins que ce ne soit l’être humain).

Ici, Dieu est nu et impose la nudité totale à son esclave d’Amour. Ici, l’être humain est donc esclave d’amour de Dieu : c’est dans une nudité totale qu’il va lui falloir évoluer face à Lui, soumis à Lui dans la nudité totale et danser le Royaume.

La nudité totale s’inscrit d’abord dans l’espace privé de la relation duelle de l’être humain et de Dieu : mais, il y a aussi nudité totale devant tous : plus de honte !

En islam, le rasage des poils chez l’homme et la femme est un symbole de la relation avec Dieu atteinte par la Fitrah.

La Nudité chaste

La Nudité chaste de Dieu resplendit comme un soleil ; elle a une bonté sublime.

La nudité complète

L’être humain, dans sa nudité complète, va continuer son chemin avec Dieu. L’être humain va irradier de toute cette nudité explorée au fil des années.

En état de nudité complète, l’être humain quitte le monde pour Dieu.

Dieu va travailler la nudité complète de l’être humain : la pression et le pétrissage des différentes parties du corps 
ont pour but d’assouplir les tissus, de fortifier les muscles, 
d’atténuer les douleurs… et l’Esprit caresse le corps.

L’être humain retrouve son innocence dans la nudité complète… qui est celle d’un nouveau-né.

DIEU NU

Dieu nu peut-il avoir condamné la créature humaine à de pareils tourments ?

Le Dieu nu et crucifié, le Dieu nu comme le jeune homme, ce Dieu est ressuscité. Il est passé de la mort à la vie. Il a traversé et il nous attend de l’autre côté de la vie.

Mais, supporterons-nous la vision du Dieu nu, crucifié, vidé des images que nous en avons ? Ou partirons-nous tout habillés encore de nos certitudes et de nos protections ?

En fait, Dieu est la Nudité même !

La communion du Dieu nu avec l’homme nu : Mystère absolu d’un Dieu nu et de sa créature libre et abandonnée… jusqu’aux larmes.

Le Dieu nu, c’est l’image que Jésus nous donne sur la croix.

Le Dieu nu, c’est l’image de l’Enfant de Bethléem.

C’est un Dieu nu en Jésus qui rejoint l’homme nu.

Dieu nu, impuissant, Dieu impuissant qui pourtant a vaincu le mal par son impuissance même : « Du dieu des armées au Dieu désarmé ».

La grâce pure et simple du Dieu nu.

La danse et le jeu du Dieu nu.

Le Dieu nu fait frissonner de bonheur et de désir. Il éveille le moindre de nos sens, Sa beauté étant une véritable brûlure…

Le Dieu nu est caché.

Le Père offre aux yeux du monde la Nudité du Fils. Le christianisme par Paul fait du dévoilement une révélation du voile lui-même sous le nom de chair dans l’image d’un corps qui ne doit rien au sang des mères, mais à la parole du Père.

Ici, présente-toi à Dieu, nu, il te vêtira…

Constantin Ier fut lui aussi, au début de son règne, adepte du Soleil Invaincu, avant de se convertir au Christianisme. De cette divinité nous avons essentiellement le témoignage des effigies que fit frapper Constantin sur ses monnaies jusqu’en 326 ; elles représentent le dieu nu avec le front ceint de rayons solaires (sorte d’auréole) et tenant dans sa main gauche un globe, symbole de son pouvoir sur tout l’univers et, dans sa main droite, l’épée qui lui permet de maintenir ce pouvoir.

DIEU EST TOUT NU

Dieu est tout nu.

L’ange du Seigneur, c’est donc presque un synonyme de Dieu ou Dieu avec juste ce qu’il faut pour rester un brin incognito. Il n’est là que comme un ultime rempart à la rencontre de Dieu tout nu…

Mais comment faire pour saisir Dieu tout nu dans son vestiaire puisque tout regard habille ? Nous sommes de nouveau confrontés à ce paradoxe qu’il n’y a pas moyen de ne pas parler de Dieu et que chaque fois qu’on en parle, on en parle mal et que ce n’est pas pour autant une raison suffisante pour n’en plus parler. Le tout est de consentir à en mal parler, par nécessité.

DIEU EST IVRE DE L’ETRE HUMAIN ET « SE MET A POIL »

Dans son ivresse pour l’être humain, Dieu « se met à poil ».

Dieu donne à l’être humain une icône de Lui « à poil » où l’homme peut « comparer » sa masculinité ou sa féminité avec celle de Dieu en toute humilité.

LA NUDITE HUMAINE

L’être humain a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. La nudité en est un élément fondamental !

La nudité de l’être humain

La nudité de l’être humain n’a plus rien d’un état naturel. Entre les Grecs qui firent de la nudité masculine un marqueur culturel et d’autres qui la prohibent absolument existe une vaste palette de situations qui révèlent les rapports complexes des êtres humains à leur corps.

L’asymétrie des sexes pose effectivement de nombreuses questions !

La nudité masculine est réellement aussi esthétique que la nudité féminine : la nudité corporelle peut donc être l’expression la plus simple et la plus naturelle de quelque chose de sain et de vivifiant... du moins pour des gens libérés d’un certain nombre d’idées préconçues qui sont acquises par l’éducation. Il découle de cette idée fondamentale que montrer sa nudité à des gens qui acceptent sans réticence de la voir n’est ni honteux ni scandaleux et qu’un tel acte peut même être considéré de part et d’autre comme une preuve de confiance digne d’un grand respect.

Ici, il est fondamental de mettre en scène la nudité de l’être humain comme fanion d’une identité humaine renouvelée : quelle meilleure image que la nudité de l’être humain qui révèle sa fragilité, cette vulnérabilité qui fait que l’être humain a du prix et que son corps avec son sexe, occulté ou bien souvent mal représenté, peut émouvoir et faire preuve d’une troublante vérité !

La nudité de l’être humain se vivra alors avec naturel au fil des ans pour montrer la beauté esthétique naturelle du corps, en toute quiétude. Cela nous amène à aimer les êtres humains nature, les êtres humains de tous les jours (et s’ils sont mis en valeur par des photographes de talent, c’est encore mieux).

Une façon différente d’appréhender la nudité de l’être humain, aussi, c’est l’Éros, c’est l’amour du (des) corps.

La nudité de l’être humain est en relation étroite avec la nudité divine : en effet, la perfection du corps des êtres humains, inséparable de celle de leur esprit, incarne l’idéal et rappelle que la beauté est un don de Dieu.


Comment ne pas être en extase devant tant de beauté ! La nudité de l’être humain dans sa plus parfaite expression, celle qui anime le désir de sentir et de toucher, réveille le désir non consumé et fait palpiter tous ses sens devenus alertes et vifs : l’Homme est plus qu’un homme.

La nudité de l’être humain révèle une présence, un physique, une personnalité...

La nudité de l’être humain est sacrée…

La nudité de l’être humain est un symbole du Royaume : ici, la nudité de l’être humain est exaltée dans toute sa splendeur.

Rien d’autre que la nudité de l’être humain dans sa gloire.. Ici, l’être humain danse sa nudité et fait son tour d’honneur !

Exemple de conditions où la nudité peut s’exprimer

Petits enfants…

Nudité chez soi…

Nudité sous la douche…

Nudité dans les vestiaires…

Nudité dans certaines piscines…

Nudité liée à l’eau : mer, lacs, rivières…

Danses rituelles : on peut y découvrir une pureté, une limpidité, une musique dépouillée et presque incolore (les « Gymnopédies » étaient une fête annuelle importante à Sparte, célébrée par des danses et des présentations de garçons nus)…

Groupes de garçons, groupes de filles pour les mineurs !

La nudité de l’homme

La nudité de l’homme lui permet d’être lui-même, de révéler sa personnalité, de devenir séducteur : c’est cela qui est beau.

Le problème de l’homme serait-il son pénis ?

Le pénis reste bien entendu l’élément premier de la nudité masculine alors que la nudité féminine englobe un tout (visage, seins, sexe, fesses, pied, jambes).

Jamais autant que quand l’érection se manifeste, comme un événement, un pur objet, la nudité masculine ne se révèle - cependant homme nu peut demeurer encore une image violente lorsque son pénis n’est pas au repos au repos et est en érection (ce qui peut provoquer un mouvement de recul).

Affronté à la nudité de la femme et à ce qui s’y dévoile, l’homme détournera le regard du point focal pour le laisser errer sur cette aura, cette frange lumineuse périphérique de l’être qu’il nommera « féminité ». L’homme doit considérer la nudité de la femme comme un privilège qui se goûte en privé…

La nudité de la femme appartient à son mari et la nudité du mari appartient à la femme. C’est aussi la nudité de la femme contre la nudité de son mari dans le lit conjugal.

Chaque homme ne peut-il pas aussi se demander si inconsciemment, il ne se rapproche pas la nudité masculine, par celle de mon père.

La nudité de la femme

« La nudité de la femme est l’œuvre de Dieu ».

Si la nudité de l’être humain est associée à la beauté, la nudité de la femme est classiquement associée à la séduction. Praxitèle dévoile l’éclatante nudité de la femme, l’Aphrodite de Cnide, sa statue la plus célèbre.

La nudité de la femme contraste avec les bijoux qu’elle porte et avec son regard séducteur.

La sévère austérité de la nudité de la femme contraste avec la force sauvage des visages barbus.

La nudité de la femme lui permet d’être elle même, de révéler sa personnalité, de devenir pure séductrice : c’est cela qui est beau. Affrontée à la nudité de l’homme et à ce qui s’y dévoile, la femme détournera le regard du point focal pour le laisser errer sur cette aura, cette frange lumineuse périphérique de l’être qu’elle nommera « masculinité ».

La nudité de la femme appartient à son mari et la nudité du mari appartient à la femme. C’est aussi la nudité de la femme contre la nudité de son mari dans le lit conjugal.

Et, comme c’est beau une femme enceinte !

L’Art

Le Pape commence par établir que la représentation artistique du corps n’est pas anodine, même si elle n’est pas impossible. Ecoutons-le : « Le corps humain - le corps humain dans la nudité et dans toute la vérité de sa masculinité et de sa féminité - a une signification de don de la personne à la personne. [...] L’objectivation artistique du corps humain dans sa nudité masculine et féminine constitue un déracinement du corps humain par rapport à cette configuration. [...] Le corps humain perd cette signification profondément subjective du don et devient un objet destiné à une connaissance multiple par laquelle ceux qui regardent et assimilent, s’emparent en réalité, de ce qui existe de manière évidente et qui doit même exister de manière essentielle au niveau du don fait par la personne à la personne, non plus dans l’image, mais dans l’homme vivant. Il est cependant impossible de ne pas se rendre compte que, du point de vue de l’ethos du corps, surgit ici un problème. Problème très délicat qui a ses niveaux d’intensité selon les différentes raisons et circonstances [...]. Poser le problème n’implique pas du tout que le corps humain ne puisse pas, dans sa nudité, devenir un thème de l’œuvre d’art. Il en résulte seulement que ce problème n’est pas purement esthétique ni moralement indifférent. »

Position fine s’il en est. Résumons : le corps est appelé au don, qui ne peut se vivre pleinement qu’avec une seule personne. De plus, la réponse normale à ce don doit être un don en retour, que l’œuvre d’art ne permet pas. Il y a donc une tension à prendre en compte lorsque l’on représente le corps, sans que cela interdise de le faire si l’on prend les précautions requises. Du côté du spectateur, le risque est la « pornovision » ou la pornographie : ici, il est fondamental que l’art soit de « bon goût ».

De l’idéal classique aux « icônes » contemporaines (tableaux, sculptures, photographies…), le corps de l’être humain est symbole de perfection dans l’art.

La nudité exposée des hommes est classique dans l’art grec. Il faut attendre Praxitèle pour que s’impose la nudité des déesses (Aphrodite pudique), puis des femmes. Situation paradoxale et non dépourvue de conséquences : alors que la nudité masculine attire l’attention sur le sexe bien visible, la femme nue présente une image globale du corps féminin, un ensemble de lignes et de courbes où le sexe épilé reste invisible. Transparaît ici un classique de la sculpture, jusqu’à Rodin et Maillol compris : verge proéminente pour l’homme - pilosité apparente là, chez la femme ?

La nudité de garçons non pubères est aussi chose courante dans l’art, non seulement dans les représentations artistiques (Cupidon, par exemple) mais aussi dans la vie de tous les jours (baignades dans les eux du Tibre…). Et, dans l’art égyptien, la nudité des garçons et la tresse qui pend sur un côté de leur visage sont caractéristiques de leur jeune âge.

Le corps

En ce qui concerne la nature humaine, chacun part d’un corps connu qui est le sien…

Le corps masculin et féminin sont des symboles de clés d’interprétation de la réalité telle qu’elle nous entoure et représentent un moyen pour exprimer des sensations et des relations entre les individus, les événements et les objets : cela fonde une vision du monde organisée selon la division en genres relationnels, masculin et féminin : la différence physique des sexes est, ainsi, à la fois cause et conséquence du système sexué de perception du monde. L’être humain qui cherche traduit alors par son corps masculin/féminin son devenir à travers l’agencement de son individualité et de ses multiplicités.

En fait, chaque être humain est interpellé par le corps de l’autre être humain, par sa structure, son allure, sa carnation : ici, c’est l’autre qui m’interpelle, ce sont les relations complémentaires qui l’intéressent. Le toucher, le sentir, le goûter ont un fort potentiel d’Eros sur le corps de l’être humain.

Les corps masculin et féminin sont conçus pour s’emboîter l’un dans l’autre et pour grandir l’enfant a besoin d’être en relation avec un corps masculin et un corps féminin.

Autant le corps masculin se dévoile de manière affirmée, publique, souvent allégorique en témoignant de sa force et de sa puissance, comme l’illustre le David de Michel Ange, autant le corps féminin se révèle plus inaccessible, plus intime et secret, comme si un au-delà du visible était encore à découvrir.... écart que seule la mort semble capable de réduire…

La pose du corps masculin (ou du corps féminin) est l’un des éléments essentiels de sa beauté.

Un autre caractère de la beauté masculine est le muscle. Si le corps de la femme s’inscrit dans la courbe, le rond ou le losange (cf. les premières statuettes féminines de la Préhistoire), la géométrie masculine est plus rectangulaire et longiligne. En ce sens le corps féminin est plus facile à styliser, à schématiser, à envelopper en une seule ligne (cf. Matisse), alors que le corps masculin exige des notations musculaires (pectoraux, muscles abdominaux...).

Le jeu des muscles rend en quelque sorte la beauté masculine analytique (la courbe introduit la femme dans une beauté synthétique) dans la mesure même de sa complexité apparente. Il suffit pour cela de constater la complexité de l’agencement musculaire chez un athlète. Le corps masculin est une machinerie visible, quand le corps féminin dégage le mystère d’une intériorité enveloppée. Le muscle lie, ainsi que la verticalité phallique, le corps masculin à une esthétique dynamique.

Plusieurs études ont été réalisées pour déterminer les goûts masculins et féminins et il en est une qui détermine d’après trois types de silhouettes les préférences esthétiques : il s’agit de la typologie de Sheldon. Elle se base sur trois caricatures d’individus qui sont : l’ectomorphe, le mésomorphe et l’endomorphe que l’on peut définir par le maigre, le « normal », en chair, musclé et le gros. En ce qui concerne le corps féminin, le plus beau est l’ectomorphe modéré (mince mais non maigre avec des formes), le plus laid étant celui de l’endomorphe extrême (plus que grosse). Le corps masculin idéal est celui du mésomorphe (musclé, athlétique).

Le corps féminin le plus beau est fin et élancé (comme celui de l’ectomorphe), son volume est cependant plus généreux au niveau de la poitrine et des hanches. Parmi les exemples connus représentatifs de ce modèle, on note des femmes comme : Marilyn Monroe, Claudia Schiffer ou Laetitia Casta (sex-symbols d’une époque).

Le corps masculin idéal est celui du mésomorphe (musclé, athlétique). Contrairement aux femmes, peu d’hommes évoquent ce symbolisme de référence, l’unique, tout de même très représentatif, est Apollon (que l’on retrouve souvent en terme de comparaison dans l’expression « quel bel Apollon ! »).

Il est à noter toutefois qu’actuellement on assiste à un curieux paradoxe en matière de représentation du corps : pour la majorité des gens et des médias subsistent des normes idéales, des stéréotypes, mais il existe certains courants qui initient des changements et parfois contestent ces normes comme la mode actuelle (sur le plan féminin uniquement, la tendance est aux filles filiformes, de type anorexiques).

Le corps masculin

Le corps masculin est un corps contenu contrairement au corps féminin qui est un corps contenant.

Le corps masculin idéal est celui du mésomorphe (musclé, athlétique).

Toutefois, il existe certaines divergences entre les idéaux masculins et féminins. Par rapport aux hommes, les femmes surestiment la contribution du bassin à la beauté féminine. Par rapport aux femmes, les hommes surestiment la musculature du thorax et des bras à la beauté masculine.

Certaines postures du corps masculin d’aujourd’hui apparaissent être la féminisation, la fragilisation, voire les attitudes de soumission - mais sans humiliation…

N’oublions pas la vision d’un corps masculin qui est tout bardé de ses poils : le poil renvoie à l’animal.

Le corps féminin

Le corps masculin est un corps contenu contrairement au corps féminin qui est un corps contenant . Le corps masculin idéal est celui du mésomorphe (musclé, athlétique). Toutefois, il existe certaines divergences entre les idéaux masculins et féminins. Par rapport aux hommes, les femmes surestiment la contribution du bassin à la beauté féminine. Par rapport aux femmes, les hommes surestiment la musculature du thorax et des bras à la beauté masculine. Les femmes qui attirent l’attention et qui séduisent les hommes, c’est celles qui utilisent leur langage corporel consciencieusement pour séduire les hommes. Une femme peut utiliser son langage corporel de cette façon et rendre les hommes fous même si elle est vêtue d’un tchador noir et opaque !

La nudité des Epoux

La nudité des Epoux (de chaque Epoux et, plus particulièrement, de l’Epouse) est ici un symbole de fécondité.

La nudité des Amants

La nudité des Amants, c’est l’acceptation du cosmos et de ses lois. La nudité des Amants est un triomphe : un triomphe de l’amour incarné… devant le spectacle de l’Amant nu et sans défense… devant le spectacle de l’Amante nue et sans défense…

Eléments de morale

Ce chapitre est inspiré par l’enseignement moral de l’Eglise Catholique.

Un être humain nu peut choquer les plus jeunes. On doit aussi prohiber ou éviter la nudité des garçons devant les filles et des filles devant les garçons. Nous devons essayer de ne pas voir la nudité réelle de la femme ou de l’homme avant le mariage.

La nudité sexuelle hors du couple pose les mêmes questions liées à la nudité : le regard masculin, par exemple, met alors en question la nudité de la femme et son image du corps, ce qui explique la difficulté de certaines femmes à pratiquer cette forme de nudité. La difficulté concernant la nudité masculine existe aussi.

Les personnes à orientation homosexuelle à l’écoute de l’Eglise pourront s’engager dans le célibat en vivant, le cas échéant, de chastes amitiés ; si cet objectif apparaît difficile, favoriser alors la fidélité des amis (ou des amies) et un vécu qui s’inspire du mariage chrétien.

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