L’ATTRIBUT SPONSAL DE L’HOMME
Le corps humain, marqué du sceau de la masculinité ou de la féminité, « contient, depuis “l’origine” l’attribut “sponsal”, c’est-à-dire la capacité d’exprimer l’amour : cet amour, justement, par lequel l’homme-personne devient don et — par l’intermédiaire de ce don — réalise le sens même de son essence et de son existence » (Jean-Paul II).
REFLEXION
La sponsalité
Le Pape Jean-Paul II a mené une réflexion approfondie sur la sponsalité. La signification sponsale du corps (le fait qu’il soit masculin ou féminin) joue un rôle extraordinairement important pour comprendre et pour voir la création du monde (qui en fait est constante, dans le moment présent !).
L’être humain est capable de vivre l’échange de l’accueil et du don dans la signification sponsale de son corps masculin ou féminin dans une virginité surnaturelle tellement grande qu’il n’y a plus, comme le dit Jésus aux Sadducéens, ni homme ni femme : « Au ciel il n’y a plus ni homme ni femme », parce que la virginité surnaturelle dans l’échange de l’accueil et du don est tellement grande que la différenciation sexuelle s’y achève dans la fruition.
Tout cela est un objet de contemplation : si je le regarde, je peux prier avec cela, je peux contempler Dieu agissant dans la grâce du corps masculin et féminin du premier homme et de la première femme.
Pour le démon, une chair humaine normale, un être humain qui dans la signification sponsale de son corps masculin ou féminin ne vit pas l’inversion qu’il a établie depuis l’origine grâce au péché originel, est insupportable.
Quand nous disons différencié, cela veut dire que le corps est ou bien masculin, ou bien féminin. Par le fait que nous soyons entièrement accueil, entièrement don (le corps féminin est plutôt attiré dans le point de vue de l’abandon et de la profondeur du don, et le corps masculin plutôt dans l’ordre de l’accueil du don, de la réciprocité, et de l’universalité).
La finalité de la signification sponsale du corps masculin et féminin se fonde sur cette plénitude du don et de l’accueil du don d’avant la création du monde en Dieu. Dieu a voulu se réaliser, se retrouver Lui-même dans l’échange et l’accueil du don de l’homme et de la femme voulus pour eux-même dans la plénitude de la signification sponsale de leur solitude. Pour cela, il faut bien-sûr que l’homme qui a atteint la plénitude de la signification sponsale de sa solitude habitée puisse assumer de l’intérieur la plénitude de la signification sponsale de la solitude habitée de la femme. L’animal ne peut pas faire cela… il faut une délicatesse, une finesse, une innocence, une liberté, une puissance, une force intérieure…
La chasteté a pour but de respecter et de réaliser la signification sponsale du corps. L’effort constant est rendu possible par la grâce divine. La structure sponsale de l’être humain est actuée par le don exclusif de soi à l’autre : l’autre mène en vérité à Dieu.
Les paroles du Christ, qui découlent de la divine profondeur du mystère de la rédemption, permettent de découvrir et de renforcer ce lien qui existe entre la dignité de l’être humain (de l’homme et de la femme) et la signification sponsale du corps. Elles permettent de comprendre et de réaliser, sur la base de cette signification, la liberté mûre du don qui s’exprime d’une manière dans le mariage indissoluble et d’une autre manière par l’abstention du mariage à cause du royaume de Dieu.
Dans la création originelle, comme dans une création normale (dans les septièmes demeures de l’union transformante, le mariage spirituel) c’est le Père et l’Esprit Saint qui sont les deux Lumières intérieures qui vous font voir à quel point vous êtes entièrement reçus, et à quel point le Verbe, le Christ, se livre entièrement à travers vous à toute la divinité de Dieu (Il le fait différemment dans la signification sponsale d’un corps masculin et dans la signification sponsale d’un corps féminin). Vous le voyez, et donc vous ne voyez plus rien de votre nudité. Quand vous faites oraison et que vous dites : « J’ai honte parce que je vois que je suis tout nu », c’est que vous n’êtes pas encore dans le mariage spirituel. Il y a une connaissance de soi dans la lumière plénière de Dieu dans le mariage qui fait que le corps est redevenu lui-même.
Cela, je peux non seulement le dire, mais je peux aussi le vivre : après avoir fait oraison, après être rentré avec Jésus et avec le Corps mystique vivant entier de Jésus entier (Jérusalem spirituelle et Jérusalem céleste en un seul Corps), une fois que j’ai intégré ce mariage spirituel jusque dans l’intérieur de toutes les puissances de mon corps masculin ou féminin, que je me suis entièrement donné à cela et que j’ai entièrement ouvert par la puissance de Dieu les espaces pour accueillir tous les dons de la Jérusalem céleste elle-même en moi, du Christ total en moi, à ce moment-là oui, je crois qu’il y a une possibilité pour moi de me retrouver dans mon propre corps en plénitude.
La nature sponsale de l’Église est manifestée ainsi d’abord par une qualité d’être et de service.
Masculin/féminin
Un des éléments les plus évidents de l’être humain est la différenciation sexuelle (le fait que nous soyons masculin ou féminin) : non seulement nous ne maîtrisons pas parfaitement la situation du don qui nous est fait dans la création de Dieu, dans l’existence qui est la nôtre, mais c’est elle qui nous arrête.
Ainsi, le masculin et le féminin se révèlent comme faisant ontologiquement partie de la création, et donc destinés à subsister par-delà le temps présent, sous une forme évidemment transfigurée. De cette manière, ils caractérisent l’amour qui « ne passera jamais » (1Co 13,8), même si devient caduque l’expression temporelle et terrestre de la sexualité, ordonnée à une forme de vie marquée par la génération et par la mort. Le célibat consacré pour le Royaume veut être la prophétie de cette forme d’existence future du masculin et du féminin.
Dans “l’unité des deux”, l’homme et la femme sont appelés depuis le commencement non seulement à exister “l’un à côté de l’autre” ou bien “ensemble”, mais aussi à exister réciproquement “l’un pour l’autre”... Le texte de Genèse 2,18-25 montre que le mariage est la dimension première et, en un sens, fondamentale de cet appel. Mais non l’unique. Toute l’histoire de l’homme sur la terre se réalise dans le cadre de cet appel. En fonction du principe selon lequel chacun vit “pour” l’autre, dans la “communion” interpersonnelle, on voit, au cours de cette histoire, s’intégrer progressivement dans l’humanité elle- même, voulue par Dieu, ce qui est “masculin” et ce qui est “féminin”.
Sexualité
Apprenons avec le Pape à discerner dans notre vie d’hommes et de femmes « dans l’Histoire » le sens de notre sexualité et la beauté et l’accessibilité de l’appel de Dieu.
Le corps humain avec son sexe, sa masculinité et sa féminité, vu dans le mystère même de la création, est non seulement une source de fécondité et de procréation, comme dans tout l’ordre naturel, mais il comprend dès "l’origine" l’attribut "conjugal", c’est-à-dire la faculté d’exprimer l’amour : précisément cet amour dans lequel l’homme-personne devient don et par ce don réalise le sens même de son "être" et de son "exister" ».
Il faut aussi relever l’importance et la signification de la différence des sexes en tant que réalité profondément inscrite dans l’homme et dans la femme. La sexualité caractérise l’homme et la femme non seulement sur le plan physique mais aussi sur le plan psychologique et spirituel, marquant chacune de leurs expressions. Elle ne peut être réduite à un simple donné biologique insignifiant ; elle est plutôt une composante fondamentale de la personnalité, une de ses façons d’exister, de se manifester, de communiquer avec les autres, de ressentir, d’exprimer et de vivre l’amour humain. Cette capacité d’aimer, reflet et image du Dieu Amour, trouve une de ses expressions dans le caractère sponsal du corps, dans lequel s’inscrit le caractère masculin ou féminin de la personne.
Notre complémentarité sexuelle révèle ce qu’il appelle « la signification sponsale du corps », c’est-à-dire la capacité du corps, dans sa masculinité ou sa féminité à être un véhicule et une expression de l’amour comme don de soi. Adam et Eve ont découvert cela lorsqu’ils se sont rencontrés et, selon les paroles de la Genèse, ils sont devenus « une seule chair ». Pour que la valeur de la sexualité obtienne sa pleine réalisation, « il est tout à fait indispensable de donner une éducation à la chasteté ... qui rende la personne capable de respecter et de réaliser la signification sponsale du corps ».
Il faut retrouver continuellement dans ce qui est « érotique » la signification sponsale du corps et la dignité authentique du don. C’est la tâche de l’esprit humain, une tâche de nature éthique.
Le concept de « gender » (genre, égalité des sexes) part du principe que la nature masculine et féminine, la vocation maternelle de la femme et la vocation paternelle de l’homme, l’identité sponsale de l’homme et de la femme, leur complémentarité et leurs différences anthropologiques, l’amour sponsal et la famille, entre autres données de notre structure anthropologique, sont des « constructions sociales », autrement dit qu’ils n’existent pas en soi.
Hypothèses
Le Pape Jean-Paul II n’est pas allé jusqu’à dire formellement que le Père, première Personne de la Très Sainte Trinité, est l’Epoux ; que l’Epouse, avant la création du monde, est le Fils unique de Dieu ; et l’unité sponsale de l’Epoux et de l’Epouse, de ces deux premières Personnes de la Très Sainte Trinité, est la spiration, le don personnel et substantiel qui est l’Esprit Saint. Il n’a pas prononcé cette phrase-là, mais il a prononcé la phrase qui veut dire la même chose, à savoir : si nous sommes époux et épouse dans la signification sponsale du corps, c’est cela qui fait que nous sommes image ressemblance de Dieu dans une analogie ontologique plus parfaite que l’analogie classique qui disait : nous sommes contemplation, amour et liberté du Don unifiant la lumière et l’amour dans cette unique contemplation amoureuse.
Donc le deuxième point proposé par le Pape Jean-Paiul II dit que le fait que nous soyons masculin ou féminin jette une très vive lumière non seulement sur nous-mêmes, sur notre manière de vivre en tant que personnes dans la communion avec les autres, mais aussi jette une très vive lumière sur le mystère de la Très Sainte Trinité. Comment comprendre que la deuxième Personne, le Fils, le Verbe de Dieu qui est Epouse, soit l’admiration de la première d’où Elle émane de l’intérieur comme Eve pour Adam, et se reçoive entièrement de Lui de l’intérieur de Sa source, comme l’épouse vis à vis de l’époux ? Cela jette une très forte lumière sur la manière dont se réalise l’unité d’amour des deux premières Personnes de la Très Sainte Trinité pour produire ce bombardement incréé de la Spiration.
Là, quand nous sommes homme ou femme, masculin ou féminin, nous sommes donc époux ou épouse, époux et épouse, et de ce point de vue-là nous sommes ressemblants à Dieu parce que Dieu est Epoux, Dieu est Epouse, et c’est l’unité de l’Epoux et de l’Epouse, la communion des deux, qui fait la communion des Personnes en Dieu et qui explique qui est le Saint Esprit, qui est l’unité sponsale de l’Epoux et de l’Epouse.