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Le Mystère Pascal

samedi 7 février 2009, par cmchr

Croix brillante

Au cœur de la foi chrétienne se trouve le Mystère Pascal, l’événement de la mort et de la Résurrection du Christ. Cet événement donne naissance à un kérygme, parole originale d’annonce et de proclamation. Le Mystère Pascal est l’objet d’un témoignage, il vient à son auditeur à l’intérieur d’un récit qui le porte et qu’il porte. Ainsi l’annonce du Mystère central de la foi est-elle d’emblée initiatrice et oblige l’auditeur à se positionner, à prendre acte de ce qui lui est proposé comme chemin de vie. Une réponse est attendue, un acte doit être posé que ce soit pour accueillir celui qui se révèle ou pour refuser sa proposition. L’annonce du kérygme réclame une réponse : la foi ou l’indifférence.

Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur : si ton trésor est Jésus-Christ, celui qui est vivant parce qu’il a donné sa vie, tu vis le Royaume, tu connais la Vérité, dans cette certitude que la vie n’est pas à gagner, mais à offrir, comme notre Seigneur a offert son amour, son pardon, aux hommes qui l’ont supplicié.

 L’Écriture

Dans la Bible, la mémoire devient récit et mémorial. Le salut reste inscrit dans la mémoire et dans le récit, sans lesquels il se perdrait. Le Mystère Pascal de Jésus, qui est l’événement fondateur du christianisme, est lui aussi devenu récit. L’évangile du Christ se raconte et, se racontant, fait entrer des hommes et des femmes dans sa dynamique de salut.

Le Mystère Pascal est le coeur du salut : c’est par lui que nous faisons l’expérience du salut dans l’écoute de la Parole, la célébration liturgique et dans nos existences quotidiennes.

 La liturgie

La liturgie n’est pas « un discours qui s’impose », mais la proposition d’un itinéraire de foi qui mène à l’expérience de Dieu. Elle nous tourne vers Dieu et cela nous construit en une communauté croyante et célébrante. La liturgie n’est pas l’expression de tel ou tel groupe : elle est ce que nous donne l’Église pour nous structurer en croyants. Elle est le lieu privilégié où le croyant fait l’expérience du Mystère Pascal du Christ.

La célébration liturgique est l’actualisation du Mystère Pascal et il est impossible de séparer l’action liturgique du contenu de la Parole du salut, accueillie et célébrée, car les sacrements sont accomplis sur le corps pour sanctifier l’âme. L’actualité du salut est le fait que le plus spirituel se joue dans le plus corporel, selon la loi de l’incarnation.

 Vivre le Mystère Pascal

Le Mystère Pascal du Christ, c’est le Christ offert et livré par Amour pour les hommes.

La meilleure façon de vivre le Mystère Pascal est de nous laisser envahir par la vie de Dieu manifestée en Jésus ressuscité avec ce que cela représente de joie, de souffrance, de compassion dans leur réalité profonde, douloureuse et lumineuse à la fois. Vivre de Jésus ressuscité, c’est mourir avec lui et expérimenter en soi la puissance de sa Résurrection.

Vivre le Mystère Pascal, apparemment, c’est la nuit totale et le silence du samedi saint : en réalité, c’est la mort nécessaire pour vivre la Résurrection promise à toute la création, actuellement dans les douleurs d’un enfantement qui dure encore.

D’expérience de mort à soi-même, le Mystère Pascal devient surabondance de vie et apparaît comme une annonce joyeuse de la possibilité offerte à toute personne de vivre uniquement pour Dieu, en Jésus-Christ.

Nos joies et nos peines nous unissent à Dieu. Les difficultés de toute sorte sont aussi un chemin d’union à Jésus-Christ. On ne s’éloigne pas de lui, on en fait une souffrance d’enfantement. Tout baptisé est appelé à vivre le Mystère pascal du Christ, s’unissant à Lui dans l’offrande de sa vie au Père par l’Esprit. Ce mystère aboutit à la joie du Christ ressuscité : c’est-à-dire à « passer » comme le Christ de la Mort à la Vie.

Le Mystère Pascal du Christ nous atteint, nous transforme et fait de nous des êtres nouveaux. Il a pour objet de nous transfigurer à l’image du Fils.

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