Pour illustrer concrètement l’ascension vers la maîtrise de l’esprit, maîtrise préludant à ou étant l’Illumination-Eveil, elle-même, l’iconographie chinoise a pris le buffle, le boeuf ou la vache en dix tableaux.
DIXIEME ET DERNIER TABLEAU

« Pleinement réalisé dans son Eveil, il s’en retourne au village parmi ceux avec qui il peut partager son expérience. Il n’y pas de plus grand bonheur, de plus grand don, disait le Bouddha, que celui du Dharma.
Redescendant de son ermitage isolé où les plus grands sages ne le connaissent plus, il va à l’encontre ceux-ci, se mêler aux gens du monde. Nul ne peut deviner la moindre parcelle de sa vie intérieure : vêtu de haillons, couvert de poussière, portant une gourde, symbole du vide ou Shunyata, appuyé sur son bâton, il ne possède rien de superflu, car il sait que le désir de posséder est le fléau de la vie humaine.
Bienheureux à tout jamais, unique témoin de son bonheur, il n’use d’aucun artifice pour prolonger son existence, son jardin merveilleux est invisible. Il s’assied avec le patron dans son auberge en compagnie des bouchers et des prostituées et vide gaillardement son canon en leur compagnie. Entre eux et lui nulle différence, il connaît la nature profonde de Bouddha dont chacun est porteur. Il se contente d’être pleinement et sereinement dans la Voie Parfaite qui ne connaît nulle préférence. »