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Le Monde divin et le monde créé
mardi 3 août 2010, par
La théologie recommande de ne pas introduire de composition mathématique en Dieu.
Cependant la mathématique, sous sa forme la plus globale : la théorie des ensembles, n’est qu’un prolongement commode et efficace de l’expression orale ou écrite de la logique.
Sous réserve d’en respecter fidèlement les données - parfois mathématiques - comme on le fait ici, le domaine du sacré ne lui est donc pas interdit.
Le Monde divin
Un Dieu en trois Personnes
En Dieu, il y a trois Personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
L’Essence divine
L’Essence divine ne peut être considérée indépendamment des Personnes divines.
Structure du Monde divin
- 1 ensemble
- 3 éléments : A, B et C
- 7 sous-ensembles : A, B, C, (A,B), (B,C), (A,C), (A,B,C)
La structure du Monde divin a donc la Structure d’un Septénaire :
- Père ;
- Fils ;
- Esprit ;
- dyade (Père,Fils) ;
- dyade (Fils,Esprit) ;
- dyade (Père,Esprit) ;
- Trinité (Père,Fils,Esprit).
« Du trône partent des éclairs, des voix et des tonnerres, et sept lampes de feu brûlent devant lui, les sept Esprits de Dieu. » (Ap 4, 5) fait vraisemblablement allusion au Septénaire divin.
Le Fils
Le Fils est l’Image de Dieu (2 Cor 4, 3 ; Col 1 ; 13). Le Fils contient tous les archétypes (Idées ou εἶδος de Platon) : Il contient donc les archétypes du Septénaire (archétypes de l’incréé) et aussi les archétypes de la Création (archétypes du créé).
Le monde créé
La Sophie divine est la Totalité du Monde Divin [1] et le Prototype de la Création (la Sophie créée). La Sophie divine est l’Image céleste de l’humanité créée dans sa dimension masculine et féminine.
Le monde créé (la Création ou Sophie créée) réfléchit la structure de la Sophie divine et est le Corps du Christ insufflé par l’Esprit.
Les Anges
Sans être de foi, l’existence, postulée par Denys l’Aréopagite, de trois hiérarchies angéliques est très probable, de même que celle des neuf chœurs énumérés par la Bible.
Chaque hiérarchie comprendrait trois chœurs, dans la première : les Séraphins, les Chérubins, les Trônes ; dans la seconde : les Dominations, les Principautés, les Puissances ; dans la troisième : les Vertus, les Archanges - nom donné aussi à des Séraphins - et les Anges - également terme générique pour désigner toute créature purement spirituelle.
Seuls sont dénombrés les membres de la première hiérarchie : sept Séraphins, quatre Chérubins, vingt-quatre Trônes. Des autres anges, on sait seulement qu’ils sont extrêmement nombreux : saint Jean en voit des myriades de myriades (Ap 5, 11), Daniel en avait vu dix mille millions (Dn 7, 10).
D’après S. Thomas d’Aquin, la première hiérarchie contemple les raisons des choses en Dieu même et Le reflète, c’est donc à travers elle qu’on a la plus fidèle image de Lui. Effectivement, lorsqu’ils apparaissent ensemble, les trois chœurs de la première hiérarchie constituent la théophanie décrite avec plus ou moins de détails par Ezéchiel (Ez 1 et 10) et saint Jean (Ap 4).
Toutes ces précisions ne nous sont pas transmises sans motif par les Ecritures, et il est légitime de s’attacher à leur décryptage.
Les 7 Séraphins
Les Séraphins constituent le premier chœur de la première hiérarchie, le plus proche de Dieu qu’ils contemplent. Pourquoi sept Séraphins, que voient-ils ?
Ils contemplent tous, simultanément, le Dieu trinitaire. Alors, sachant que tout sujet ne peut avoir ainsi qu’un objet à la fois, ne devrait-il pas y avoir, selon le mystère de la Sainte Trinité, quatre visions, celle du Dieu unique et celles de ses trois Personnes, assumées par seulement quatre Séraphins, et non sept ? On ne peut répondre ici sans faire appel aussi aux relations intra-trinitaires.
En effet, il y a trois relations intra-trinitaires non-personnelles, ainsi l’union du Père et du Fils - la spiration active d’où procède le Saint Esprit - mais aussi celle du Père et du Saint Esprit et celle du Fils et du Saint-Esprit.
Ces trois relations, distinctes des trois personnes divines, sont trois représentations supplémentaires de Dieu, leur contemplation doit donc être assurée par trois Séraphins supplémentaires, ce qui porte bien à sept le total des membres du premier chœur de la première hiérarchie.
Ainsi présentés, les sept Séraphins sont en lien avec les sous-ensembles non vides d’un ensemble de trois éléments (Père, Fils, Esprit), sous-ensembles au nombre de 7 et qui correspondent au Septénaire.
Parmi les Séraphins se trouvent Michel, Gabriel et Raphaël qui dit : « Je suis un des sept qui nous tenons devant la face du Seigneur » (Tb 12, 15).
Un peu de poésie : À chacun des sept Séraphins qui voient et reflètent, chacun différemment, un seul Dieu en trois Personnes, on pourrait attribuer une couleur : rouge, jaune, bleu, pour les trois qui contemplent et reflètent Dieu en une Personne, orange, violet, vert, pour les trois qui contemplent et reflètent Dieu en deux Personnes, blanc pour celui qui contemple et reflète Dieu en trois Personnes. Ils constitueraient ainsi une sorte d’arc-en-ciel céleste.
Le verset « Celui qui était assis avait l’aspect d’une pierre de jaspe et de sardoine ; et le trône était environné d’un arc-en-ciel semblable à de l’émeraude. » (Ap 4, 3) appuie cette poésie Séraphique du Mystère de Dieu.
Les 4 Chérubins
Après le chœur des Séraphins, viennent dans l’ordre celui des Chérubins et celui des Trônes porteurs les uns et les autres de mystérieux symboles. Mais pourquoi quatre Chérubins et vingt-quatre Trônes ? Ici, leur nombre est déterminé par l’image de Dieu qu’ils perçoivent et reflètent.
Comme à travers un vitrail, c’est à travers le premier chœur de la première hiérarchie que le second chœur voit Dieu et, de même, le troisième chœur voit Dieu à travers le second chœur.
Vu par les Chérubins, l’ensemble des Séraphins récapitule quatre images divines : chacunes des trois personnes et un seul Dieu en trois personnes. Pour contempler et refléter ces quatre objets, il faut quatre sujets, ce sont les Chérubins.
Le premier ensemble reflète l’union du Père avec les deux autres personnes, le second reflète l’union du Fils avec les deux autres personnes, le troisième reflète l’union du Saint Esprit avec les deux autres personnes, le quatrième reflète l’union des trois personnes en un seul Dieu.
Ezéchiel fait état pour les Chérubins d’animaux à quatre faces. On représentera donc schématiquement chaque Chérubin par un objet à quatre faces égales : un tétraèdre régulier, dont chaque face reflétera une des quatre images divines précitées que, pour plus de clarté, on décrit à nouveau : la première symbolise l’union du Père avec les deux autres personnes, la seconde symbolise l’union du Fils avec les deux autres personnes, la troisième symbolise l’union du Saint Esprit avec les deux autres personnes, la quatrième symbolise un seul Dieu en trois personnes.
C’est-à-dire qu’en permanence la face visible de l’un reflète la personne du Père, unie aux personnes du Fils et du Saint Esprit ; la face visible d’un autre reflète la personne du Fils, unie aux personnes du Père et du Saint Esprit ; la face visible d’un autre reflète la personne du Saint Esprit, unie aux personnes du Père et du Fils ; la face visible d’un autre reflète Dieu en trois personnes.
Le fait que chaque Chérubin présente toujours la même face semble corroboré par la description d’Ezéchiel : « Chacun marchait droit devant soi, ils allaient où l’esprit les poussait à aller et ils ne se tournaient point dans leur marche. » (1, 12)
Les 24 Trônes (cf. les Anciens de l’Apocalypse)
Puisque les quatre Chérubins reflètent chacun Dieu, ils peuvent tous occuper le trône, mais ne peuvent évidemment le faire que successivement : tandis que l’un siège sur le trône, les trois autres l’entourent. Et en effet, S. Jean a vu « au milieu du trône et autour du trône, quatre êtres vivants » (Ap 4, 6).
En échangeant ainsi leurs places, les quatre « êtres vivants », les Chérubins, permutent en permanence et occupent ainsi, tour à tour, vingt-quatre positions, car le nombre de permutations de quatre éléments est de 4 x 3 x 2 x 1 = 24.
C’est à travers les Chérubins, occupant l’un après l’autre ces vingt-quatre positions, que les membres du troisième chœur, donc au nombre de vingt-quatre, les Trônes, contemplent Dieu.
Le Nom de Dieu en hébreu
L’anagramme du Nom de Dieu (יהוה) en forme douze autres, appelés par les cabalistes les douze havioth הוית :
יההו יהוה ההוי הוהי הוהי ויהה וההי והיה היוה היוה היהו יוהה
La contemplation de chacun de ces anagrammes est une contemplation du Nom de Dieu et donc de Dieu lui-même.
Le chiffre 12 acquiert ainsi une signification particulière, par exemple :
- les douze tribus d’Israël ;
- les douze apôtres ;
- les douze pierres ornant le pectoral du Grand-Prêtre ;
« Les pierres étaient aux noms des Israélites, elles étaient Douze, selon leurs noms, gravées comme des sceaux, chacune au nom de l’une des Douze tribus » (Ex 39, 8-14).
- les douze portes de la Jérusalem Céleste gardées par douze anges (Ap) ;
- …
Remarque : le nom de Dieu en grec
L’anagramme de Dieu en grec (θεος) forme 24 autres mots (cf. les 24 Trônes).
[1] le Père Serge Boulgakov définit la Sophie divine comme l’Unité triadique de la Première Personne de la Trinité (le Père), de la deuxième Personne de la Trinité (le Verbe) et de la troisième personne de la Trinité (l’Esprit).
