
Il est difficile de donner une définition de ces gnoses (gnose vient d’un mot grec qui signifie connaissance, mais connaissance de quoi ?) Il s’agit d’une galaxie de systèmes mystico/philo/religieux (2ème - 3ème siècles de l’ère chrétienne). Ces systèmes sont actuellement appelés « gnosticisme ».
Comment les connaît-on ?
Par les textes de Nag Hammadi (découverts à partir de 1945) et, aussi, par un certain nombre de textes qu’on a retrouvés au fil des siècles. Déjà dès le 17ème siècle, des voyageurs européens sont allés en Orient et ont trouvé des bouts de parchemin et de papyrus écrits par des gnostiques.
Quelques caractéristiques de ces gnoses et de leurs prolongements actuels
- 1er point : dans ces différents systèmes, il y a l’idée que la gnose est la connaissance salvatrice (parmi les hommes, il y a les appelés ; parmi, les appelés, il y a les élus et les élus sont susceptibles de déification, de devenir un christ) ;
- 2ème point : on y rencontre un élitisme certain. Les gnostiques se considéraient comme la partie la plus qualifiée du christianisme. Pour eux, la vraie connaissance est secrète et est le résultat de l’initiation. La plupart d’entre eux estimaient que l’humanité se divise en trois catégories plus ou moins étanches :
- ceux qui sont dans la connaissance, les spirituels (« pneumatiques ») ;
- ceux qui sont récupérables, les « psychiques » ;
- et ceux qui sont irrécupérables, les charnels.
- 3ème point : les racines historiques de la gnose sont multiples : le panthéon égyptien, la tradition zoroastrienne, le platonisme et de nombreux textes esséniens (découverts à Qumrân à partir de 1947)... ;
- 4ème point : interprétation différente de la personne de Jésus-Christ. Jésus est l’Homme incarné : il est né, il est mort, il a reçu le Logos à un certain moment de sa vie (le plus souvent, le baptême par Jean-Baptiste) ;
- 5ème point très notable : la gnose élimine la notion de création et se réfère à la notion centrale d’émanation et, souvent, de réincarnation. La création implique que Dieu crée « ex nihilo » : au contraire, dans l’émanation, Dieu émane à partir de lui-même.