Centre de mystique chrétienne, spiritualité chrétienne - Rennes (35)

Premier poème

vendredi 13 février 2009, par cmchr

Soleil noir

Ct 1, 5 : Je suis noire et pourtant belle, filles de Jérusalem, comme les tentes de Qédar, comme les tentures de Salomon.

La Bien-Aimée se présente à tous en vérité : elle est « noire et pourtant belle ». De sa fréquentation du Bien-Aimé, elle a appris l’humilité. Elle est noire parce qu’elle a été exposée au soleil de la vie mais aussi au Soleil de son Bien-Aimé qui l’a brunie. Elle se sait belle parce qu’elle est la Bien-Aimée et parce que le regard du Bien-Aimé l’a revêtue de Beauté et la voit dans sa Beauté.

Noire, donc, comme les tentes de Qédar, qui sont faites de peaux de chèvres noires.

Belle, donc, comme les tentures de Salomon, somptueuses, qui sont du palais du roi et aussi présentes dans le Temple. La Bien-Aimée se trouve revêtue de ce qui concourt à la Beauté du Bien-Aimé, de la Beauté même du Bien-Aimé.

La Bien-Aimée porte en elle-même un contraste : c’est peut-être ce qui la rend mystérieuse et attirante ce qui a pu motiver le choix du Bien-Aimé.

L’âme a baroudé : elle a vécu mais elle a expérimenté l’amour miséricordieux de Dieu à de maintes reprises. Elle se sait revêtue de Beauté, car elle sait qu’elle est aimée de Dieu et qu’elle a aussi du prix à Ses yeux. Elle est belle de la Beauté de l’Ancien Testament (les tentes de Qédar : la Tente de la rencontre) et de la Beauté du Nouveau Testament (les tentures de Salomon : le Rideau du Temple qui se déchire lors de la mort de Jésus).

Ct 1, 6a : Ne prenez pas garde à mon teint basané : c’est le soleil qui m’a brûlée.

Ce qui a brûlé la Bien-Aimée, c’est d’abord le Soleil de son Bien-Aimé mais aussi le soleil de la vie. Certes cela peut interroger et avoir diminué sa Beauté, on pourrait le croire. Mais, la Bien-Aimée en est fière : elle porte les marques de son exposition à l’amour, au Bien-Aimé.

L’âme a été brûlée au Soleil de Dieu et au soleil de la vie : elle ne compte plus ses tribulations, les miséricordes dont elle a bénéficié, son ascèse, ses purifications actives et passives. Son teint, c’est le résultat du travail de Dieu en elle et sur elle : c’est sa fierté, ce sont ses stigmates qui la font ressembler à son Bien-Aimé, Jésus.

Ct 1, 6b : Les fils de ma mère se sont emportés contre moi, ils m’ont mise à garder les vignes.

Les frères, gardiens de la Bien-Aimée, sont peut-être inquiets de son histoire d’Amour avec le Bien-Aimé. Alors, ils l’occupent : ils la mettent à garder les vignes.

L’âme toute énamourée de Dieu inquiète souvent ses proches et ses amis par la radicalité de son amour. Alors, on s’étonne : on lui propose autre chose, des dérivatifs.

Ct 1, 6c : Ma vigne à moi, je ne l’avais pas gardée !

La vigne de la Bien-Aimée, c’est son jardin qui a été planté par Dieu . La Bien-Aimée se rappelle : autrefois, elle n’en a pas pris soin, elle l’a laissée à l’abandon. Elle en porte la responsabilité.

L’âme voit son incurie : non, elle n’a pas toujours entretenu, sarclé et arrosé son âme, le jardin du Bien-Aimé afin que ce dernier puisse en cueillir les fruits et les fleurs, le temps venu. Elle n’a pas non plus pris soin de sa clôture.

L’âme regrette son attitude, mais elle sait aussi qu’elle parle au passé. Mais peut-être aussi ne lui avait-on pas appris à prendre soin de sa vigne : car aimer est un chemin ! Maintenant qu’elle aime, elle peut étendre son jardin aux dimensions du monde et en prendre soin dans ses actes et dans l’oraison.

Ct 1, 7ab : Dis-moi donc, toi que mon cœur aime : Où mèneras-tu paître le troupeau, où le mettras-tu au repos, à l’heure de midi ?

La Bien-Aimée s’adresse à celui qu’elle aime, au Bien-Aimé. Elle est la Bien-Aimée, mais elle avoue qu’elle ne connaît pas tout de son Bien-Aimé, de ses habitudes et de ses activités. Son désir est de Le rejoindre quand Il sort de son palais et la quitte. Car le Bien-Aimé est un Roi, le Berger de Son Peuple : il fait paître Son peuple dans la Paix. La Bien-Aimée ne sait pas où est le pâturage et elle aimerait le savoir pour partager le Repos auprès de Lui. Alors, à midi, culmination du jour, la Bien-Aimée pourra à nouveau vivre dans la pleine clarté de l’amour du Bien-Aimé.

L’âme est certes la Bien-Aimée. Mais elle est dépassée par la grandeur de Dieu : ce qu’elle connaît de Lui est limité. Son désir est ainsi de connaître de mieux en mieux son Bien-Aimé pour enfin arriver à la claire vision de midi. Car, là, le Bien-Aimé mène les siens, les élus et la Bien-Aimée veut être aussi là, avec eux.

Ct 1, 7c : Pour que je n’erre plus en vagabonde, près des troupeaux de tes compagnons.

Ainsi, quoique Bien-Aimée, la Bien-Aimée apparait toujours en quête, car le Bien-Aimé l’a quittée pour faire paître Son troupeau. Elle se perd près des différents troupeaux des compagnons et des amis du Bien-Aimé. Mais elle ne Le trouve pas. Alors, elle erre en vagabonde et espère que cela va enfin cesser, qu’elle va trouver le Repos auprès du Bien-Aimé.

L’âme est toujours en quête après le Bien-Aimé, parti paître Son troupeau. Elle vit une forme d’exil loin du troupeau de Son Bien-Aimé dont elle-même fait partie. Elle n’a pas encore rejoint le troupeau : dans sa course, elle rencontre d’autres troupeaux (d’autres religions, d‘autres spiritualités, d’autres philosophies) : ils sont pas le bon troupeau. Elle est vraiment éperdue d’amour et elle cherche le Repos près du Bien-Aimé alors même qu’Ils ne sont plus dans la chambre nuptiale.

Ct 1, 8 : Si tu l’ignores, ô la plus belle des femmes, suis les traces du troupeau, et mène paître tes chevreaux près de la demeure des bergers.

La Bien-Aimée trouve des alliés dans sa quête. On la reconnaît (elle est la plus belle des femmes) et on la renseigne. Pourquoi ne suivrait-elle pas les traces du troupeau du Bien-Aimé et n’irait-elle pas vers Sa cabane de berger, le lieu de Son autre demeure, plus humble que Son palais ? La Bien-Aimée elle-même a son petit troupeau (ses compagnes) et elle peut le mener ainsi jusqu’au troupeau du Bien-Aimé.

Jésus est sorti du sein du Père, Jésus s’est incarné dans l’humilité du Berger qui vient paître l’humanité. De Roi, il s’est abaissé jusqu’à devenir homme. Sa demeure, sa cabane, c’est aussi la terre, plus seulement le ciel. Les alliés de l’âme pour retrouver le Bien-Aimé, ce sont les traces du passage de Jésus : l’Eglise, ses bergers, ses divers membres qui aident, guident et supportent la Bien-Aimée, la Tradition, l’Écriture… L’âme expérimente ainsi la foi et les médiations dans sa recherche du Bien-Aimé. Et dans sa course, l’âme entraîne d’autres âmes, son petit troupeau à elle, son œuvre d’évangélisation liée au rayonnement de son amour, pour l’agréger au troupeau du Maître.

Ct 1, 9 : A ma cavale, attelée au char de Pharaon, je te compare, ma bien-aimée.

De Berger qu’il était, le Bien-Aimé redevient Roi. Il se compare à Pharaon. Le Bien-Aimé règne : il combat pour la Justice et la Paix de Son peuple. Là, un char de guerre est indispensable : il lui est dévolu pour affronter ses ennemis.

C’est la première fois dans le poème que le Bien-Aimée appelle la Bien-Aimée sous ce nom et elle est Sa Bien-Aimée. Il la compare à une cavale. Le succès des opérations est assuré, non par le Bien-Aimé seul. Mais, par un tandem : le Roi et Son cheval. Le Bien-Aimé a besoin de la Bien-Aimée pour réussir ses combats et lorsqu’il parade sur son char après la victoire, la Bien-Aimée y est associée et aussi là.

Et, avec douceur, le Bien-Aimé fait allusion aussi l’ancienne servitude de la Bien-Aimée en Égypte quand elle était esclave de Pharaon.

L’âme voit , dans ce verset, une mention de la Vierge Marie. Comme Marie, elle est associée à Jésus dans son œuvre de Rédemption et comme elle, elle partage la Gloire de Jésus. Elle se sent déjà d’une certaine manière ressuscitée avec Jésus et Marie. L’âme se sait servante, elle tire le char du Bien-Aimé : mais c’est sa joie, car elle participe en même temps à Sa gloire.

Son ancienne servitude, son péché, la Croix qu‘elle a vécus en exil sont devenue maintenant Gloire et Croix Glorieuse.

Ct 1, 10 : Tes joues restent belles, entre les pendeloques, et ton cou dans les colliers.

Comme gage et signe de son amour, le Bien-Aimé donne des bijoux à la Bien-Aimée. Ces bijoux rehaussent sa Beauté. Mais le Bien-Aimé ne s’y trompe pas : ce qui est beau d’abord, c’est le corps, ce sont les joues de la Bien-Aimée.

L’âme est ornée par les parures que lui donne Dieu en gage de Son amour. Mais aux yeux de Dieu, l’âme reste bien plus belle que ses parures.

Ct 1, 11 : Nous te ferons des pendants d’or et des globules d’argent.

L’or, métal noble, c’est le métal du Roi. L’argent, métal plus humble, est le métal de la Bien-Aimée. Lui est Soleil ; elle, Lune. La Bien-Aimée va donc porter sur elle des bijoux qui symbolisent l’union, qui sont la marque de l’amour.

L’âme va porter sur elle de l’or et de l’argent qui symbolisent la divinité et l’humanité. Elle en sera parée. Dans cette union des métaux, l’âme ressemble à Jésus qui possède à la fois la nature divine et la nature divine dans Sa Personne. La divinisation est en marche. Les bijoux de la Bien-Aimée symbolisent ce qu’elle est, ce qu’elle vit et le dénotent.

Ct 1, 12 : Tandis que le roi est en son enclos, mon nard donne son parfum.

La Bien-Aimée voit le roi-berger dans son enclos, dans l’enclos du troupeau, et le rejoint. En présence du Bien-Aimé, il est donné à la Bien-Aimée d’exhaler son nard. A nouveau, la Bien-Aimée vit l’intimité avec le Bien-Aimé et le corps de la Bien-Aimée rayonne et exhale ses parfums. Le Bien-Aimée avait-elle dit répand une odeur d’huile parfumée. A son tour, elle lui ressemble en rependant ses propres parfums.

L’âme sent en elle monter l’Esprit qui exhale son parfum quand elle est en présence de son Dieu. Son nard est pour le Bien-Aimé seul : c’est pour l’oindre, le parfumer comme le fit Marie-Madeleine dans l’Évangile qui, là, avait montré beaucoup d’amour.

Ct 1, 13-14 : Mon bien-aimé est un sachet de myrrhe, qui repose entre mes seins. Mon bien-aimé est une grappe de cypre, dans les vignes d’En-Gaddi.

C’est la première fois dans le poème que la Bien-Aimée appelle le Bien-Aimé sous ce nom. Et Il est son Bien-Aimé.

Le Bien-Aimé repose sur le sein de la Bien-Aimé et la parfume.

Le Bien-Aimé est une grappe de cypre, de henné, issu du jardin d’En-Gaddi qui est un jardin royal entretenu soigneusement. Ne pourrait-on pas y voir une figuration du jardin même de la Bien-Aimée, de sa vigne ?

L’âme voit Jésus reposer sur son sein. L’âme voit même Dieu comme un fruit de son jardin : n’est-elle pas devenue comme Marie ? Elle emprunte ainsi la voie de Marie : c’est comme la Vierge donner naissance à Jésus en nous, dans l’âme, devenir porteur du Christ en nous.

Ct 1, 15 : Que tu es belle, ma bien-aimée, que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes.

Le Bien-Aimé a été touché par le regard de la Bien-Aimée. Le regard est le lieu d’une intimité dans laquelle les Bien-Aimés se trouvent maintenant immergés. Le Bien-Aimé voit dans les yeux de la Bien-Aimée des colombes, messagères de Paix et de l’amour.

Dieu est confondu par la Beauté de l’âme qu’il a créée et dont il a fait son Épouse. Dieu voit même dans le regard de l’âme Son Esprit sous la forme de colombes. L’âme spire l’Esprit par son regard.

Ct 1, 16 : Que tu es beau, mon bien-aimé, combien délicieux ! Notre lit n’est que verdure.

La Bien-Aimée n’est pas de reste, elle rend le compliment. Elle clame et vante la Beauté du Bien-Aimé. Elle ne s’attache pas à un point particulier de Son charme, mais elle dit que ton Son Être est délicieux. La Bien-Aimée est allongée auprès du Bien-Aimé : elle se repose sur les prés que broute le troupeau dans l’ambiance champêtre que lui offre le roi-berger.

L’âme voit et loue la Beauté de son Dieu. Elle expérimente le psaume où elle repose sur des prés d’herbe fraîche, là où son Berger l’a emmenée pour y reposer avec Lui et elle repose avec Lui sur l’herbe verte comme si c’était sur la Création toute entière.

Ct 1, 17 : Les poutres de notre maison sont de cèdre, nos lambris de cyprès.

Le cèdre et le cyprès avaient servi pour la construction du Temple : la Bien-Aimée ne peut évoquer la maison qu’elle a en commun avec le Bien-Aimé sans parler du Temple. La chambre secrète elle-même, n’est-elle, pas le Saint des Saints dans le Temple de Dieu où se réalise l’union du Bien-Aimé et de la Bien-Aimée ?

L’âme est introduite dans le Temple de Dieu. Il est devenu sa Maison : là où Dieu réside, elle réside désormais et là, elle se donne à Lui.

Ct 2, 1 : Je suis le narcisse de Saron, le lis des vallées.

La Bien-Aimée s’était déjà qualifier comme elle se voyait par elle-même « noire et pourtant belle ». Maintenant, elle se qualifie telle qu’elle se voit pour le Bien-Aimé : « narcisse de Saron, lis des vallées ». Elle utilise pour cela des fleurs qui ne sont pas modestes, mais magnifiques : le blanc narcisse et le lys rouge..

L’âme utilise « Je suis » pour se qualifier, une expression qu’utilise Jésus pour se qualifier et qui se réfère à Dieu lui-même : elle a la couleur blanche du narcisse, celle de la divinité et la couleur rouge du lys, celle de l’humanité. Elle est blanche et vermeille : elle ressemble au Bien-Aimé(blanc et vermeil) ainsi qu’elle Le décrira dans un autre poème du Cantique.

Ct 2, 2 : Comme le lis entre les chardons, telle ma bien-aimée entre les jeunes femmes.

Le Bien-Aimé reprend ce qu’a dit la Bien-Aimée : elle est bien comme un lis. Elle est la plus belle des femmes. A côté d’elle, les autres ont une Beauté moindre et ressemblent à des chardons.

L’âme est toute humble et confuse de son élection, d’avoir pu séduire son Dieu.

Ct 2, 3 : Comme le pommier parmi les arbres d’un verger, ainsi mon bien-aimé parmi les jeunes hommes. A son ombre désirée je me suis assise, et son fruit est doux à mon palais,

La Bien-Aimée à son tour compare le Bien-Aimé à un arbre, à un pommier. La fragilité de la femme est dénotée par la fleur, le lis. Le Bien-Aimé lui est puissant et robuste, c’est un arbre, un pommier.

Le Bien-Aimé donne de l’ombre qui attire la Bien-Aimée : il rafraîchit du soleil, il donne des fruits délicieux à la Bien-Aimée.

L’âme voit le Bien-Aimé dans sa puissance comme un arbre. Elle désire profiter de Son ombre pour s’y reposer. Elle se repose avec l’Esprit, avec l’ombre de l’Esprit qui vient sur elle et elle goûte le fruit du Bien-Aimé pour être transformée en Lui. Plus loin dans le poème, l’haleine de la Bien-Aimée aura une odeur de pomme. Ce pommier trône dans un verger, certainement au centre du jardin de l’âme qu’elle a pris soin de cultiver.

Ct 2, 4 : Il m’a menée au cellier, et la bannière qu’il dresse sur moi, c’est l’amour.

Le Bien-Aimé a fait faire à l’épouse l’expérience de ses appartements, de son enclos et de sa maison de berger qui est telle que le Temple. Maintenant, il l’amène au cellier. Telles sont les expériences que le Bien-Aimé fait faire à la Bien-Aimée : il la met à chaque fois dans une situation nouvelle pour S’unir à elle et lui prouver Son amour.

Le cellier le lieu du vin est aussi accompagné par une bannière, un étendard dressé qui est celui de l’amour. Cette expérience du cellier est peut-être encore plus forte que ce qui est déjà advenu : elle est marquée explicitement et publiquement d’un signe éclatant. Le Bien-Aimé proclame Son amour pour la Bien-Aimée à la face des nations et la place sous Sa Protection.

L’âme avait un peu dédaigné le vin quand elle le comparait à l’amour dans le prologue du Cantique, mais c’était un vin terrestre. Là, Dieu l’initie au vin divin, à l’eucharistie. Et l’amour de Dieu pour son Épouse est proclamé publiquement par un étendard. Se pourrait-il que l’on soit ici à un point culminant du Cantique. Qui sait ! Mais, le Cantique va se continue par un second poème.

Ct 2, 5 : Soutenez-moi avec des gâteaux de raisin, ranimez-moi avec des pommes, car je suis malade d’amour

Et oui, il y a culmination dans l’amour. La Bien-Aimée n’en peut plus : c’en est trop pour elle. Elle demande des gâteaux de raisin et des pommes pour la ranimer. Des gâteaux de raisin qui sont moins forts que le vin, mais où il y a le fruit de la vigne et les pommes qui sont le fruit du Bien-Aimé : ses symboles du Bien-Aimé.

L’âme est brûlée d’amour, elle « meurt » d’amour. « Que la toile se rompe » comme dit Jean de la Croix. Peut-elle supporter un tel feu, un tel brasier d’amour ? Alors, elle se nourrit à nouveau du Bien-Aimé pour reprendre des forces. L’eucharistie est, en effet, un viatique merveilleux et indispensable sur le chemin qui reste à parcourir en cette vie.

Ct 2, 6 : Son bras gauche est sous ma tête et sa droite m’étreint.

Maintenant, c’est le repos, c’est la paix. Le tumulte est passé. La Bien-Aimée culmine dans la Paix et dans un acte de Tendresse de la part du Bien-Aimé qui l’enserre. A la parole a succédé le Silence.

L’âme repose doucement dans les bras de Dieu. Elle est heureuse car Dieu lui prodigue toute sa Tendresse : celle d’un Époux aimant.

Ct 2, 7 : Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles, par les biches des champs, n’éveillez pas, ne réveillez pas mon amour, avant l’heure de son bon plaisir.

Le Bien-Aimé est toujours en éveil, c’est Sa Nature. Il demande que l’on laisse la Bien-Aimée se reposer maintenant et qu’elle s’éveille naturellement. Et le Bien-Aimé le sait, la course d’amour repartira ensuite pour la Bien-Aimée. Ce sera l’objet du second poème…

Dieu prend toujours soin de l’âme qui se repose et jouit d’un Repos en Lui : c’est la fruition d’amour. L’âme est alors entrée dans la passivité qui est un don de son Dieu. Alors Dieu fait de grandes choses en elle et continue de la former et de la sculpter selon Son Bon Plaisir.

Comme le prologue qui résume à lui seul tout le Cantique en culminant dans le mariage spirituel, le premier poème se termine sur une culmination : la rencontre eucharistique du Bien-Aimé et son prolongement dans le Sacrement. Ainsi on peut dire que le premier poème comme le prologue résume à lui seul tout le Cantique et la vie de l’âme qui est avec Dieu.

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