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Relations intra-trinitaires (Hypothèses)

samedi 17 juillet 2010, par cmchr

Nous abordons ici les relations intra-trinitaires en Dieu lui-même et nous verrons qu’elles ne sont pas inaccessibles à l’être humain.

L’amour notionnel (des Personnes divines entre elles) fonde l’amour essentiel (l’amour de soi de chaque Personne), et la sortie de soi vers l’autre est telle ici que le moteur du Désir, ou la dimension de l’Eros, initie en Dieu aussi la chaîne de l’amour. Par exemple, l’amour du Père et du Fils, loin de se satisfaire de leur mutualité statique, s’accroît ainsi au contraire et à mesure de leur mutuelle propension à tendre l’un vers l’autre.

Sponsalité intra-trinitaire

En Dieu, les Personnes de la Trinité entretiennent entre elles (deux à deux) une unité sponsale (dans le don de soi total et mutuel).

Par exemple, l’unité sponsale de la Première et de la Seconde Personne de la Très Sainte Trinité qui est celle du Père et du Fils et qui fait intervenir l’Esprit-Saint.

La Voie du don de soi du Père au Fils et du Fils au Père

Le Saint-Esprit est l’Amour du Père et du Fils. Le don de soi entre le Père et le Fils (ou seulement du Père au Fils [le don de soi du Fils au Père serait alors la Gloire]) pourrait correspondre à la Procession du Saint-Esprit.

On est ici en présence de la dyade Père-Fils (ou « Amour »).

  • Hypothèses

Le Pape Jean-Paul II n’est pas allé jusqu’à dire formellement que le Père, première Personne de la Très Sainte Trinité, est l’Epoux ; que l’Epouse, avant la création du monde, est le Fils unique de Dieu ; et l’unité sponsale de l’Epoux et de l’Epouse, de ces deux premières Personnes de la Très Sainte Trinité, est la spiration, le don personnel et substantiel qui est l’Esprit Saint. Il n’a pas prononcé cette phrase-là, mais il a prononcé la phrase qui veut dire la même chose, à savoir : si nous sommes époux et épouse dans la signification sponsale du corps, c’est cela qui fait que nous sommes image ressemblance de Dieu dans une analogie ontologique plus parfaite que l’analogie classique qui disait : nous sommes contemplation, amour et liberté du Don unifiant la lumière et l’amour dans cette unique contemplation amoureuse.

Donc le deuxième point proposé par le Pape Jean-Paul II dit que le fait que nous soyons masculin ou féminin jette une très vive lumière non seulement sur nous-mêmes, sur notre manière de vivre en tant que personnes dans la communion avec les autres, mais aussi jette une très vive lumière sur le mystère de la Très Sainte Trinité. Comment comprendre que la deuxième Personne, le Fils, le Verbe de Dieu qui est Epouse, soit l’admiration de la première d’où Elle émane de l’intérieur comme Eve pour Adam, et se reçoive entièrement de Lui de l’intérieur de Sa source, comme l’épouse vis à vis de l’époux ? Cela jette une très forte lumière sur la manière dont se réalise l’unité d’amour des deux premières Personnes de la Très Sainte Trinité pour produire ce bombardement incréé de la Spiration.

Là, quand nous sommes homme ou femme, masculin ou féminin, nous sommes donc époux ou épouse, époux et épouse, et de ce point de vue-là nous sommes ressemblants à Dieu parce que Dieu est Epoux, Dieu est Epouse, et c’est l’unité de l’Epoux et de l’Epouse, la communion des deux, qui fait la communion des Personnes en Dieu et qui explique qui est le Saint Esprit, qui est l’unité sponsale de l’Epoux et de l’Epouse (Père vu comme masculin en Dieu et Verbe comme féminin en Dieu).

(d’après la théologie du corps de Jean-Paul II)

La Voie du don de soi du Fils à l’Esprit et de l’Esprit au Fils

L’Eglise naît de Jésus, lors du coup de lance sur la Croix. Dans ce reste de sang et d’eau qui coulait du divin côté, la nouvelle Église sort lavée, purifiée et renouvelée par la vertu de la passion et de la mort du Christ.

« Par conséquent le Christ a formé l’Eglise à partir de son côté, comme il a formé Eve à partir du côté d’Adam » (Catéchèse baptismale de saint Jean Chrysostome).

Or Marie est éminemment la figure de l’Eglise. Lui qu’elle a engendré, voici qu’Il l’engendre comme l’archétype du disciple qui écoute la Parole de Dieu et qui se laisse engendrer par elle.

L’eau chez les Pères représente ici l’Esprit et est le symbole du baptême.

La dyade Fils-Esprit (ou « Sagesse », « Sophie divine » selon le Père Serge Boulgakov) se réfléchit dans la Création (ou Sophie créée), et plus particulièrement dans Marie et dans l’Eglise.

  • Hypothèses 1

Le Verbe de Dieu et l’Esprit Saint, dans la blessure du Cœur de Jésus, disparaissent dans le cœur sacerdotal du Christ, et, de là, émane l’Immaculée Conception. L’Immaculée Conception procède de l’unité totale de deux Personnes divines, dans la blessure du Cœur de Jésus, ce que l’on nomme « le mystère du Shabbat ». Cette procession de l’origine de l’Immaculée Conception est présente dans cette coupe.

(d’après la théologie du corps de Jean-Paul II)

Serait-ce que l’Esprit procède du Père (par le Fils) comme Eve naît du côté d’Adam ?

  • Hypothèses 2

Les archétypes du féminin de l’être humain pourraient « naître » du don de soi entre le Verbe et l’Esprit, en particulier :

  • l’archétype de Marie ;
  • l’archétype d’Eve.

La Voie du don de soi du Père à l’Esprit et de l’Esprit au Père

« Or il advint, une fois que tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, que le ciel s’ouvrit, et l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix partit du ciel : "Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré." » (Luc 3, 21-22)

On a ici un exemple de la dyade Père-Esprit (ou « Gloire ») qui se manifeste lors du Baptême de Jésus (et aussi à la Transfiguration).

Le don de soi du Père et de l’Esprit pourrait correspondre à l’Engendrement (Génération) du Fils (en lien avec la « naissance » de l’archétype de Jésus en Dieu).

La Procession du Saint–Esprit pourrait avoir lieu lors de l’Engendrement du Fils et l’Engendrement du Fils pourrait avoir lieu lors de la Procession du Saint-Esprit.

  • Hypothèses

Les archétypes du masculin de l’être humain pourraient « naître » du don de soi entre le Père et l’Esprit, en particulier :

  • l’archétype de Jésus ;
  • l’archétype de saint Joseph ;
  • l’archétype d’Adam.

LES DYADES

Dans les dyades que nous avons évoquées, la personne « manquante » est toujours présente (du fait de l’unité de la Trinité), mais en filigrane :

  • dyade Père-Fils (« Amour ») : l’Esprit est présent, en filigrane ;
  • dyade Fils-Esprit (« Sagesse » ou « Sophie divine ») : le Père est présent, en filigrane ;
  • dyade Père-Esprit (« Gloire ») : le Fils est présent, en filigrane.

Les dyades ne sont pas des hypostases divines (mais concrétisent les liens entre les Personnes de la Trinité prises deux à deux et leur don total et mutuel).

Il semble que l’Esprit soit l’hypostase de l’Amour.

Il semble que le Fils (Gloire de Dieu) soit l’hypostase de la Gloire.

Quand à l’hypostase de la Sagesse ou de la Sophie divine, elle nous est brouillée du fait de la Chute : ce pourrait être le Père. On la retrouve réfléchie (dans la Sophie créée) dans l’hypostase qu’est Marie et qui est non défigurée. Marie est Mère, ce qui renvoie au Père/Mère. D’une certaine façon, l’hypostase de la Sagesse est aussi le Fils et aussi l’Esprit : ici, saint Augustin affirmait : « La Sagesse est le Père, la Sagesse est le Fils, la Sagesse est l’Esprit. Non trois Sagesses mais une Sagesse. ». Sagesse du Dieu unique, donc...

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